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Les marchés boursiers minés par de nouvelles données décevantes en Allemagne

09/10/2014 05:34 EDT | Actualisé 09/12/2014 05:12 EST

TORONTO - Alors que certains observateurs entretiennent l'impression que les marchés boursiers nord-américains ont trop progressé ces derniers temps, les parquets de Toronto et de New York ont affiché de lourdes pertes jeudi, démotivés encore davantage par de nouvelles données économiques décevantes pour l'Allemagne.

L'indice composé S&P/TSX a plongé de 205,87 points pour clôturer à 14 460,60 points, tiré vers le bas notamment par le cours du pétrole, qui a reculé à son plus faible niveau depuis décembre 2012. Le dollar canadien s'est pour sa part déprécié de 0,56 cent US à 89,50 cents US.

Sur Wall Street, la moyenne Dow Jones des valeurs industrielles a culbuté de 334,97 points à 16 659,25 points, effaçant du coup les gains réalisé mercredi après que la Réserve fédérale des États-Unis eut publié le procès-verbal de sa plus récente rencontre, signalant une nouvelle fois qu'elle n'était pas pressée de hausser les taux d'intérêt.

L'indice élargi S&P 500 a cédé 40,68 points à 1928,21 points, tandis que l'indice composé du Nasdaq a échappé 90,25 points à 4378,34 points. Les opérateurs ont notamment tenu compte de la publication des plus récentes données sur les exportations de l'Allemagne. Celles-ci ont diminué de 5,8 pour cent en juillet — leur plus fort recul en cinq ans — alors que l'incertitude prévalait face à la crise en Ukraine.

L'affaiblissement de l'économie est l'une des raisons qui a convaincu les responsables de la Fed de pas s'en tenir à un échéancier précis en ce qui a trait aux futures hausses des taux d'intérêt. Les taux seront ajustés lorsque les indicateurs sur la santé de l'économie et l'inflation signaleront que le moment est bon, fait valoir la banque centrale.

Le TSX connaît une période difficile depuis qu'il a touché ses sommets pour 2014, à la fin août. Il a perdu plus de 1100 points depuis ce moment où il affichait une croissance de 14 pour cent par rapport au début de l'année.

Les marchés new-yorkais connaissent aussi leur part de difficultés et certains analystes croient que des facteurs saisonniers sont peut-être aussi à l'oeuvre.

«Les gens reviennent de vacances, regardent (les marchés) qui se trouvent à un sommet et se disent qu'ils sont dus pour un retrait», illustre Allan Small, un conseiller principal chez HollisWealth.

M. Small ne croit pas que les investisseurs se dirigent vers une importante correction de l'ordre d'environ 15 pour cent, mais il s'attend à ce que les marchés restent turbulents jusqu'à la fin d'octobre.

À ce moment-là, «nous allons voir de solides données fondamentales dans les résultats financiers des entreprises pendant quelques semaines et j'espère que cela suffira pour calmer les marchés, indépendamment des données économiques en provenance de l'Europe», a-t-il noté.

L'investisseur activiste Carl Icahn est plus alarmé par les changements sur le marché et a indiqué, lors d'un entretien avec CNBC, qu'il croyait qu'une correction du marché était «définitivement» en voie de se produire.

Les plus récentes données négatives ont fait reculer le prix du pétrole, qui avait déjà cédé 3 $ US au cours des deux dernières séances devant les signes de faiblesse de la demande et la forte progression des réserves américaines la semaine dernière.

Le cours du pétrole a perdu jeudi un autre 1,54 $ US à 85,77 $ US le baril à la Bourse des matières premières de New York, se rapprochant ainsi d'un creux de 22 mois. Le secteur torontois de l'énergie a perdu 2,8 pour cent.

Le secteur des métaux de base a fait encore pire en plongeant de 3,4 pour cent, même si le cours du cuivre a progressé de 3 cents US à 3,03 $ US la livre à New York.

Le secteur aurifère a reculé de 2,9 pour cent malgré une hausse de 19,30 $ US du cours du lingot d'or, qui a clôturé à 1225,30 $ US l'once.

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