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Le FNC démarre en trombe avec «The Good Lie» (ENTREVUE/ PHOTOS)

09/10/2014 04:03 EDT | Actualisé 09/10/2014 05:06 EDT
Jeff Vespa via Getty Images
TORONTO, ON - SEPTEMBER 08: Director Philippe Falardeau of 'The Good Lie' pose for a portrait during the 2014 Toronto International Film Festival on September 8, 2014 in Toronto, Ontario. (Photo by Jeff Vespa/WireImage)

Le Festival du nouveau cinéma (FNC) a investi son quartier général à la Place des arts en ouvrant sa 43e édition avec The Good Lie (Le beau mensonge en version française) de Philippe Falardeau. Pour l’occasion, le cinéaste québécois était présent au Théâtre Maisonneuve, accompagné de l’acteur Ger Duany dont l’expérience comme réfugié soudanais a inspiré le film.

The Good Lie

Certains y ont pourtant cru jusqu’au bout, mais la vedette Reese Witherspoon n’est pas venue fouler le tapis rouge mercredi pour la première québécoise de The Good Lie dans lequel elle tient le haut de l’affiche. «On l’a invité, mais elle n’était pas disponible à ce moment», a déclaré Philippe Falardeau, tout juste arrivé de l’Abitibi où il est déjà en plein tournage de son prochain film Guibord s’en va-t-en guerre.

Avant qu’il n’atterrisse dans nos salles le 17 octobre prochain, The Good Lie a fait le tour des festivals à travers le monde pour terminer sa course au TIFF où il a reçu un accueil plutôt chaleureux de la part du public torontois. «Les gens étaient survoltés, a-t-il lancé souriant. On a eu une belle ovation. Je n’avais jamais vu cela pour un de mes films précédents. J’étais agréablement surpris de voir qu’autant de monde a pu être touché par cette œuvre».

Même si The Good Lie est le premier film américain pour le réalisateur de Monsieur Lazhar, il reste que selon lui, la nationalité a peu de chose à voir avec cette production. «C’est d’abord le scénario qui m’a poussé à faire ce film, a-t-il précisé. Si cela n’avait pas été cette histoire-là, je ne serais pas parti aux États-Unis. Il s’avère que les producteurs sont Américains. Si cela avait été des producteurs de chez nous, le film serait Québécois aujourd’hui».

En effet, loin des collines d’Hollywood, le film se penche sur les périples de quatre jeunes Africains fuyant la guerre civile au Sud-Soudan. Leur odyssée à travers la guerre et les camps de réfugiés les mènera jusqu’en Amérique.

«J’ai toujours été intéressé par les questions internationales, a expliqué Falardeau. Comme avec Monsieur Lazhar ou Congorama, j’aborde avec cette œuvre des questions qui m’inspirent en tant que cinéaste. Et puis, je voulais aussi rendre accessible un conflit qui semble à première vue indigeste».

Une distribution impliquée

Reese Witherspoon interprète une conseillère en emploi qui va tenter d’aider les quatre réfugiés soudanais à s’acclimater à leur nouveau pays. «C’est une femme professionnelle et charismatique. Elle n’est pas une actrice qui met sa renommée devant son travail. Elle se met au service du film en évitant tout folklore», a dit le réalisateur.

Pour Ger Duany l’expérience cinématographique a littéralement changé sa vie. «Sur le plateau de tournage, j’avais une grosse responsabilité, car ce film ne raconte pas seulement mes expériences, mais celles de milliers de personnes. Mon peuple a vécu la guerre civile comme une terrible tragédie. Un nombre incalculable de vies ont été perdues. J’ai pris mon rôle comme une véritable opportunité d’expliquer au monde ce que l’on a vécu», a-t-il raconté.

Né à Akobo au cœur du Sud-Soudan, l’acteur de 35 ans a été un «Lost Boy», ces enfants forcés de prendre les armes. Maintenant installé à New York, il se dit très chanceux d’être encore en vie. «J’ai fui mon pays dans une situation indescriptible. Plusieurs fois, j’ai vraiment pensé ne jamais m’en sortir. Mais je suis reconnaissant de la chance que j’ai eue. Je ne peux pas me plaindre», a-t-il conclu.

Le Festival du nouveau cinéma se poursuit jusqu’au 19 octobre

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