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Ebola: la Guinée, le Libéria et la Sierra Leone rencontrent la BM, le FMI et ONU

09/10/2014 08:58 EDT | Actualisé 09/12/2014 05:12 EST

MONROVIA, Libéria - Les présidents de trois pays africains frappés de plein fouet par l'épidémie de virus d'Ebola ont demandé jeudi l'envoi immédiat d'argent, de médecins et de lits d'hôpitaux, et les représentants des pays qui participaient à une rencontre de la Banque mondiale ont promis d'agir rapidement, notamment en ce qui concerne l'évacuation des travailleurs de la santé infectés.

«Notre peuple meurt», a dit le président de la Sierra Leone, Ernst Bai Koroma.

Il a déclaré que cette épidémie constitue une tragédie sans précédent dans l'époque moderne. M. Koroma a pris la parole par vidéoconférence à l'occasion d'une rencontre annuelle entre la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. Il a déclaré que des enfants se retrouvent sans parents, que les médecins et les infirmières meurent, et que le système de santé de la Sierra Leone est au bord de l'effondrement.

M. Koroma a affirmé que la réponse de la planète a été plus lente que la propagation du virus, et que la maladie représente une menace pour tous.

Pour sa part, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a prévenu qu'on a besoin de 20 fois plus d'aide internationale pour combattre l'Ebola.

«Pour ceux qui n'ont pas encore promis d'aide, veuillez le faire bientôt, a-t-il dit. C'est une maladie sans pitié.»

Les présidents de la Guinée et du Libéria ont aussi lancé un appel à l'aide pour combattre un virus qui a maintenant fait un peu moins de 4000 morts.

Le président de la Banque mondiale, le docteur Jim Yong Kim, s'est rangé derrière les promesses des États-Unis et de l'ONU de garantir l'évacuation médicale rapide des travailleurs de la santé infectés, dans l'espoir de convaincre suffisamment de médecins et d'infirmières de risquer leur vie pour lutter contre l'épidémie. Aucun autre détail n'a été fourni.

Il a ajouté qu'on doit construire suffisamment d'infrastructures pour soigner les victimes dans leurs communautés, de manière à freiner la propagation du virus.

Le Libéria et la Sierra Leone ne disposent actuellement que suffisamment de lits pour répondre à entre 21 et 26 pour cent de leurs besoins, selon des données publiées mercredi par l'Organisation mondiale de la Santé. Des soldats britanniques arriveront la semaine prochaine en Sierra Leone pour commencer à construire de nouveaux centres de traitement et des cliniques de base, tandis que l'armée américaine accentuent ses efforts au Libéria. Au moins trois appareils chargés d'aide sont attendus au cours des prochaines heures, tout comme un contingent de Marines.

L'armée allemande a commencé à transporter du matériel depuis le Sénégal vers les pays les plus durement touchés. Une équipe militaire allemande doit arriver vendredi à Monrovia, au Libéria, pour préparer le déploiement d'une aide plus ample vers la mi-novembre. L'armée devrait ouvrir une clinique capable d'accueillir 50 patients.

La présidente libérienne Ellen Sirleaf Johnson a essuyé de nombreuses critiques quant à sa gestion de la crise. Jeudi, des policiers ont utilisé des matraques et des fouets pour disperser une centaine de personnes qui s'étaient rassemblées devant l'Assemblée nationale, où des parlementaires envisageaient de lui accorder des pouvoirs encore plus importants que ceux prévus par l'état d'urgence proclamé en août.

La radio libérienne a aussi annoncé que les élections sénatoriales prévues cette semaine étaient reportées à une date qui n'a pas été précisée.

Les dirigeants sierra léonais ont finalement débloqué un conteneur rempli d'équipements médicaux et de matelas qui était coincé dans un port depuis plus d'un mois. La distribution de l'aide aurait été retardée par la bureaucratie et les rivalités politiques.

En Espagne, l'état de santé de l'aide-infirmière qui a été infectée par le virus en soignant un missionnaire rapatrié d'Afrique s'est détérioré. Le directeur adjoint de l'hôpital Carlos III, où Teresa Romero a été placée en quarantaine, a indiqué jeudi que la femme a demandé qu'on ne divulgue pas plus de détails concernant sa condition. Elle aurait toutefois besoin d'aide pour respirer.

Trois médecins qui ont traité Mme Romero avant son diagnostic ont été placés en observation, portant à sept le nombre de personnes qui sont surveillées à l'hôpital. Ni les deux médecins, ni le mari de Mme Romero, qui a été lui aussi placé en observation, ne donnent pour l'instant de signes de la maladie.

En Allemagne, un homme infecté au Libéria est arrivé jeudi à l'hôpital St. Georg de Leipzig. Il s'agit d'un employé de l'ONU dont le nom n'a pas été dévoilé. Un médecin ougandais infecté au Libéria est aussi soigné à Francfort, tandis qu'un scientifique sénégalais qui travaillait pour l'OMS a reçu son congé la semaine dernière d'un hôpital de Hambourg.

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