NOUVELLES

Sierra Leone: les équipes qui ramassent les victimes d'Ebola cessent leur grève

08/10/2014 09:06 EDT | Actualisé 08/12/2014 05:12 EST

FREETOWN, Sierra Leone - Les équipes chargées de ramasser les corps des victimes de l'épidémie de virus d'Ebola dans la capitale de la Sierra Leone ont repris le boulot après une grève de quelques heures.

Au Libéria voisin, les employés menacent de déclencher la grève si leurs demandes pour de meilleurs salaires et davantage d'équipements de sécurité ne sont pas satisfaites d'ici la fin de la semaine.

Des médias sierra léonais avaient rapporté que les corps des victimes étaient abandonnés dans des résidences et les rues de Freetown en raison de la grève des équipes, qui se plaignaient de ne pas avoir été payées. Les corps des victimes de l'Ebola sont extrêmement contagieux.

Mais la ministre adjointe de la Santé du pays, Madina Rahman, a déclaré à la radio, mercredi matin, que la grève est terminée. Des équipes ont été aperçues à l'oeuvre dans les rues de Freetown, mercredi.

Mme Rahman a ajouté que la dispute portait sur des primes de risque qui ont été déposées à la banque mais qui n'ont pas été remises aux employés à temps. Elle a promis que son ministère fera enquête sur ce délai.

Les équipes sont composées de 600 personnes réparties en escouades de 12, a dit un porte-parole du ministère de la Santé, Sidie Yahya Tunis.

M. Tunis a admis que la situation est «gênante», d'autant plus que le gouvernement de la Sierra Leone a essuyé cette semaine une tempête de critiques quand on a appris qu'un conteneur rempli de fournitures médicales était coincé au port depuis un mois.

L'Organisation mondiale de la Santé estime que l'Ebola a fait plus de 600 morts en Sierra Leone, où on recense plus de 2100 infections confirmées. Plus de 3400 personnes ont été tuées par l'épidémie en Afrique de l'Ouest.

Au Libéria, les employés qui ramassent les corps réclament un salaire mensuel de 700 $ US (contre une moyenne de 500 $ US actuellement) et la distribution d'équipements de sécurité à travers le pays. Un représentant syndical a demandé au gouvernement de combler ces demandes d'ici la fin de la semaine, faute de quoi ils cesseront le travail.

Un deuxième membre de la mission de maintien de la paix de l'ONU au Libéria a été infecté par le virus.

La Banque mondiale a prévenu mercredi que le coût de l'épidémie pourrait atteindre 32,6 milliards $ US d'ici la fin de l'année, si on ne freine pas rapidement la progression du virus. Les trois pays les plus durement touchés — la Guinée, la Sierra Leone et le Libéria — seraient frappés de plein fouet, tout comme leurs voisins immédiats. Le coût pourrait être abaissé à 9 milliards $ US si la maladie est rapidement contrôlée dans ces trois pays.

En Espagne, deux autres collègues de l'aide-infirmière infectée par l'Ebola ont été placés en observation dans un hôpital de Madrid. L'état de santé de l'aide-infirmière était considéré stable mercredi. La femme a déclaré au quotidien El Mundo, depuis sa quarantaine, qu'elle ne sait pas comment elle a pu s'infecter, puisqu'elle dit avoir respecté tous les protocoles au moment de soigner un missionnaire rapatrié d'Afrique. Elle a dit se sentir un peu mieux.

Le mari de l'aide-infirmière a lui aussi été placé en quarantaine. Mercredi, des dizaines de militants pour les droits des animaux se sont rassemblés devant l'appartement du couple pour empêcher les autorités d'emmener et d'euthanasier leur chien, Excalibur. Le gouvernement régional de Madrid a obtenu mardi la permission du tribunal de détruire l'animal, puisqu'on ne peut exclure qu'il puisse transmettre le virus.

Des échauffourées ont éclaté entre les militants et des policiers.

PLUS:pc