POLITIQUE

Les frappes canadiennes contre l'EI élargiraient des corridors humanitaires selon Christian Paradis (VIDÉO)

08/10/2014 11:14 EDT | Actualisé 08/12/2014 05:12 EST

OTTAWA - Le ministre du Développement international, Christian Paradis, dit que l'intervention militaire canadienne en Irak servira à élargir des corridors humanitaires pour livrer de l'aide à ceux qui souffrent sous le joug du groupe État islamique (ÉI).

Cette déclaration du ministre surprend puisque à aucun moment son gouvernement n'a évoqué des corridors humanitaires. Jusqu'à maintenant, il n'a été question que de bombardements aériens sur les positions de l'ÉI.

Et puis, les experts militaires, tout comme l'opposition à Ottawa, mettent en doute ses déclarations.

C'est à son arrivée à la rencontre hebdomadaire du caucus conservateur, mercredi matin, que le ministre Paradis a offert ses réflexions sur le vote de la veille à la Chambre des communes.

«Il y a des corridors humanitaires qui doivent être faits. Pour être capable d'atteindre les gens encore dans des milieux plus difficiles, ça prend cette mission-là», a-t-il dit.

«Puis leur vote, ils l'assumeront», a-t-il lâché, reprochant à l'opposition d'avoir refusé d'appuyer le gouvernement.

Le ministre dit parler aux organismes «sur le terrain» qui livrent de l'aide humanitaire. Et les frappes aériennes leur sont nécessaires, d'après lui.

«Les actions militaires aussi ciblées vont aider à établir davantage des corridors humanitaires qui fassent qu'on puisse assurer une sécurité à nos gens», a-t-il répété.

Deux anciens militaires consultés par La Presse Canadienne disent que le ministre a tout faux.

«C'est bizarre. Ce n'est pas comme ça que ça marche», s'est étonné le major-général à la retraite Lewis MacKenzie.

L'ancien commandant des forces de maintien de la paix des Nations unies en Bosnie a lui-même dû ouvrir des corridors humanitaires. Il explique que c'est fait à coups de combats au sol ou de négociations. «Les corridors humanitaires ne peuvent pas être ouverts des airs», a-t-il assuré.

«Je n'ai rien entendu de la sorte», a confié, pour sa part, le colonel à la retraite George Petrolekas, un ex-conseiller des chefs d'état-major du Canada.

«Pour créer un corridor humanitaire, vous devez avoir une zone sécuritaire à l'autre bout où livrer l'aide. Je ne vois pas ça, en ce moment», a-t-il souligné.

La sortie du ministre Paradis a aussi été critiquée par l'opposition néo-démocrate.

«C'est qu'ils sont en train d'inventer ça au fur et à mesure», a accusé le chef Thomas Mulcair.

«Ils ont décidé de la mission, puis maintenant ils essaient de trouver un prétexte pour la mission. Donc, c'est factice, tout ça», a-t-il ajouté.

L'opposition continue à réclamer des détails sur cette mission canadienne.

«Qu'est ce qui est fait au niveau des frappes aériennes pour s'assurer de protéger les civils?» a demandé la néo-démocrate Hélène Laverdière, énumérant une série de questions qui restent sans réponse.

M. Paradis assure que les civils en Irak n'ont rien à craindre des bombardements aériens puisque c'est «une intervention militaire ciblée», faite «en corrélation avec les alliés» et qu'elle est donc «loin d'être improvisée».

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