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Nobel de la paix: beaucoup de noms, le pape François favori chez les parieurs

08/10/2014 05:51 EDT | Actualisé 08/10/2014 06:37 EDT
ASSOCIATED PRESS
Pope Francis delivers his blessing as he arrives to hold his weekly general audience, in St. Peter's Square, at the Vatican, Wednesday, Sept. 17, 2014. (AP Photo/Andrew Medichini)

Comme chaque année, Oslo bruisse de rumeurs avant l'attribution du prix Nobel de la paix vendredi : beaucoup de noms circulent dans la bouche d'observateurs plus ou moins inspirés sans qu'aucun grand favori ne se dégage.

De la jeune Pakistanaise Malala, déjà donnée comme "nobélisable" l'an dernier, au très controversé Edward Snowden en passant par un groupe de pacifistes japonais, des opposants russes ou encore le pape François, la palette des candidats est large.

"La politique russe en Ukraine, avec l'annexion de la Crimée et la remise en cause des frontières, mais aussi le traitement réservé aux contestataires du Kremlin ne peut pas ne pas interpeller le comité Nobel", estime Antoine Jacob, journaliste français auteur d'une "Histoire du prix Nobel".

Pour le président du comité Thorbjoern Jagland, " 'sanctionner' Moscou serait aussi un moyen de démontrer qu'il agit de manière indépendante, malgré sa casquette de secrétaire général du Conseil de l'Europe dont la Russie est membre", déclare-t-il à l'AFP.

Redevenu président en 2012, Vladimir Poutine a durci le ton contre l'opposition et musclé sa politique étrangère comme en témoigne la crise ukrainienne, la plus grave entre la Russie et l'Otan depuis la fin de la Guerre froide.

Fondé par l'ex-président soviétique Mikhaïl Gorbatchev avec le chèque du Nobel qu'il a lui-même reçu en 1990, le journal Novaïa Gazeta, rare média encore indépendant dont plusieurs journalistes ont été assassinés, compterait parmi les lauréats possibles.

Le pape favori des parieurs

Prévoir le vainqueur est d'autant plus complexe que le comité Nobel devait examiner cette année un nombre record de 278 candidatures, dont les identités sont gardées secrètes pendant au moins 50 ans.

Les experts ont donc pour seul outil de travail les candidatures que les parrains ont annoncé publiquement.

Héros pour les uns, traître pour les autres, l'ex-consultant de l'Agence de sécurité américaine (NSA) Edward Snowden, qui a révélé l'ampleur du programme de surveillance de son ancien employeur, figure ainsi parmi les candidats, proposé par des députés norvégiens.

Réfugié à Moscou, lui-même dit ne pas y croire. "C'est quelque peu improbable que le comité Nobel appuie quelque chose de la sorte", a-t-il récemment confié lors d'une vidéoconférence.

Observateur attentif de la chose Nobel - dont les pronostics n'ont encore jamais visé juste, le directeur de l'Institut de recherche sur la paix d'Oslo (Prio), Kristian Berg Harpviken, parie cette année sur la victoire du groupe "Japonais veillant à l'article 9".

Ces militants se disent soucieux de préserver le pacifisme ancré dans la Constitution nipponne, dans lequel le Premier ministre nationaliste Shinzo Abe a donné un coup de canif cette année en permettant la participation des Forces d'autodéfense du pays à des opérations militaires extérieures.

"Il se peut qu'on considère les guerres entre États comme faisant quasiment partie du passé depuis la fin de la Guerre froide mais les événements en Ukraine et les tensions qui fermentent en Asie orientale nous rappellent qu'elles pourraient resurgir", fait-il valoir sur son site internet.

Bête noire des talibans, l'adolescente pakistanaise Malala Yousafzai est la préférée de Nobeliana, un trio d'historiens norvégiens spécialistes du Nobel, pour son combat en faveur de l'éducation des filles dans le monde.

Mais son extrême jeunesse pourrait, cette année encore, plaider contre elle, le Nobel risquant d'être un fardeau lourd à porter pour une jeune fille de 17 ans.

Parmi les autres "nobélisables", on retrouve des "habitués" tels que le docteur congolais Denis Mukwege qui soigne depuis 25 ans les femmes victimes de violences sexuelles utilisées comme une arme de guerre en République démocratique du Congo, et le militant bélarusse des droits de l'homme Ales Beliatski, libéré de prison en juin dernier.

Les preneurs au livre ont quant à eux fait du pape François leur favori. Sur le site de paris en ligne Paddy Power, la cote du prélat argentin était mardi de 9/4

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