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Toronto: est-il possible de construire un métro gratuitement?

08/10/2014 06:46 EDT | Actualisé 08/10/2014 06:46 EDT
Radio-Canada

Plusieurs analystes mettent en doute la promesse du favori dans la course à la mairie de Toronto, John Tory, de construire un nouveau réseau de métro, sans nouvelles taxes ni hausse de l'impôt foncier.

M. Tory mise sur une nouvelle stratégie connue sous son acronyme anglais TIF (Tax Increment Financing), qui prévoit l'utilisation des taxes foncières générées par la construction anticipée le long d'une nouvelle ligne de transport en commun pour financer le projet.

Le hic : jamais personne n'a tenté en Amérique du Nord d'en tirer 2 ou 3 milliards de dollars, comme le souhaite M. Tory dans son plan SmartTrack.

Selon le professeur Haider, il est très difficile de calculer combien rapporterait le développement immobilier le long d'un corridor de plusieurs dizaines de kilomètres, surtout sur une période de 30 à 40 ans.

Une chose est sûre : en cas de manque à gagner, la Ville devrait régler la facture.

Selon M. Haider, le TIF est une stratégie plus « transparente » que la méthode traditionnelle de financement public, puisque ce sont les résidents du voisinage, qui tirent avantage de la nouvelle ligne de transport en commun, qui la financent par l'entremise de l'impôt foncier, plutôt que l'ensemble des contribuables.

Après son élection en 2010, le maire Rob Ford avait lui aussi promis une ligne de métro « sans un cent » des contribuables, grâce notamment au TIF. Mais le projet de prolongement du métro Sheppard a vite déraillé. Le frère du maire et candidat à la mairie, Doug, propose maintenant de recourir au TIF, mais pour recueillir seulement une partie des milliards nécessaires pour les nouvelles lignes de métro qu'il promet. D'autres fonds, dit-il, viendraient de la vente d'actifs, par exemple.

Quant à la candidate Olivia Chow, elle accuse M. Tory de chercher à tromper les électeurs avec son plan « risqué ». Mme Chow propose plutôt de hausser la taxe sur l'achat des propriétés de 2 millions et plus pour bonifier le service d'autobus immédiatement.

L'exemple de New York

New York a utilisé le TIF pour financer le prolongement de la ligne de métro 7, un projet de près de 2,5 milliards de dollars.

Les travaux, qui ont commencé il y a sept ans, doivent se terminer en février prochain, après plusieurs reports liés à la ventilation et à la construction d'ascenceurs nouveau genre, notamment.

Par mesure d'économie budgétaire, la Ville a dû amputer l'une des deux stations prévues le long du tronçon de 2,4 km, les recettes anticipées du développement immobilier dans le nouveau corridor étant inférieures aux attentes, entre autres à cause de la récession de 2008-2009.

Malgré ces revers, le président de la Chambre de commerce de New York, Mark S. Jaffe, pense que le projet a permis à l'ancien secteur industriel du Hudson Yards de « revivre ».

« On verra quand le nouveau tronçon sera en service [si le TIF était la meilleure méthode de financement]. Il faut essayer différentes stratégies pour voir celle qui fonctionne la mieux. » — Mark S. Jaffe, président de la Chambre de commerce de New York

De son côté, le journaliste municipal du New York Times Matt Fleigenheimer croit que, sans le TIF, l'agence régionale de transport en commun de New York (MTA) « n'aurait pas eu l'argent à elle seule » pour mener à terme un tel projet.

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