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Le patient hospitalisé pour l'Ebola à Dallas est décédé

08/10/2014 11:22 EDT | Actualisé 08/12/2014 05:12 EST

DALLAS - Les États-Unis ont connu mercredi leur premier patient mort de l'Ebola sur leur territoire.

Le premier patient à avoir reçu un diagnostic d'Ebola aux États-Unis est décédé mercredi matin à Dallas. Thomas Eric Duncan a été déclaré mort à 7 h 51, heure locale, à l'hôpital Texas Health Presbyterian où il était soigné.

L'homme y avait été admis le 28 septembre et était maintenu en quarantaine depuis ce moment. M. Duncan avait été infecté par l'Ebola au Liberia, mais il ne présentait aucun symptôme quand il a pris l'avion pour se rendre aux États-Unis. Il est arrivé à Dallas le 20 septembre et a commencé à se sentir mal quelques jours plus tard.

Son état de santé s'était détérioré au cours des derniers jours et était considéré comme critique.

Louise Troh, qui a hébergé Thomas Eric Duncan à Dallas avant son hospitalisation, s'est indignée que le fils de celui-ci n'ait pas pu lui rendre visite avant sa mort. Elle a dit par communiqué s'attendre à un «examen approfondi» des soins prodigués à M. Duncan. Mme Troh a affirmé que la famille était dans un grand deuil et vivait une «tristesse profonde».

Un shérif adjoint qui était entré dans l'appartement où M. Duncan demeurait est par ailleurs hospitalisé par mesure de précaution après s'être senti mal. Les services d'urgence à Frisco, en banlieue de Dallas, avaient d'abord affirmé qu'un patient «montrant des signes et des symptômes» de l'Ebola soutenait avoir été en contact avec M. Duncan. Les autorités de la santé de l'État ont toutefois précisé qu'il n'y avait aucune indication d'un contact direct avec le patient décédé.

Le chef du service des pompiers de Frisco, Mark Piland, a indiqué que le shérif adjoint était entré dans cet appartement où M. Duncan a demeuré et avait eu des contacts avec certains membres de la famille qui y résidaient.

Les autorités de la santé publique ont affirmé qu'aucun des membres de la famille n'avait montré des symptômes de l'Ebola et ne serait contagieux.

Les responsables de la santé publique ont identifié dix personnes, dont sept travailleurs de la santé, qui ont eu des contacts directs avec M. Duncan alors qu'il était contagieux. Trente-huit autres personnes ont aussi peut-être eu des contacts avec lui.

Tous ceux qui ont potentiellement eu des contacts avec M. Duncan seront surveillés pendant 21 jours, la période d'incubation habituelle de la maladie.

Les autorités ont précisé que l'homme à Frisco ne figurait pas parmi les personnes déjà sous surveillance et ont ajouté qu'aucune de ces personnes n'avait montré de symptômes de l'Ebola jusqu'à maintenant.

L'administration Obama jongle avec de nouvelles mesures possibles de sécurité depuis quelques semaines, étant donné le fait que des voyageurs atteints peuvent ne présenter aucun symptôme de la maladie à leur arrivée au pays.

Des agents de la Sécurité intérieure des États-Unis déployés dans les aéroports et d'autres points d'entrée ont commencé à observer les voyageurs en provenance d'Afrique de l'Ouest, à la recherche de signes possibles d'infection. Ils distribuent aussi des documents d'information au sujet de la maladie.

Le gouvernement américain entend commencer à prendre la température des voyageurs qui arrivent d'Afrique de l'Ouest dans cinq aéroports: John F. Kennedy, à New York; Newark, au New Jersey; Dulles, à Washington; Chicago et Atlanta. La mesure doit être mise en place en fin de semaine.

Le porte-parole de la Maison-Blanche, Josh Earnest, a fait valoir que ces cinq aéroports couvrent les destinations de 94 pour cent des gens arrivant aux États-Unis en provenance des trois pays les plus durement touchés en Afrique de l'Ouest — le Liberia, la Sierra Leone et la Guinée. Il a estimé que les nouvelles mesures de protection concerneraient environ 150 voyageurs par jour.

Le secrétaire d'État américain, John Kerry, a demandé mercredi aux pays du monde «d'intensifier» leur réponse à l'épidémie d'Ebola, notamment en fournissant immédiatement des fonds, du personnel et de l'équipement. Il a prévenu que les progrès réalisés face à la maladie sont trop modestes et que le monde doit en faire plus pour stopper la progression de l'épidémie.

«Bien que nous fassions des avancées, nous ne nous trouvons pas là où nous devrions, et il y a des besoins additionnels qui doivent être comblés afin que la communauté internationale soit en mesure de répondre adéquatement à ce défi et de protéger les gens dans tous ces pays», a affirmé M. Kerry.

«C'est le temps d'agir. (...) Il n'y a pas de temps à perdre», a-t-il poursuivi, aux côtés du secrétaire d'État britannique aux Affaires étrangères, Philip Hammond, à Washington.

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