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La GRC enquête sur plusieurs extrémistes qui reviennent du Moyen-Orient

08/10/2014 04:51 EDT | Actualisé 08/12/2014 05:12 EST

OTTAWA - La Gendarmerie royale du Canada (GRC) enquête sur plusieurs dizaines de Canadiens revenus au pays après avoir combattu dans les rangs de groupes extrémistes au Moyen-Orient, a reconnu le ministre de la Sécurité publique Steven Blaney, mercredi.

M. Blaney a indiqué au comité permanent de la sécurité publique et nationale de la Chambre des communes que le gouvernement adoptera de nouvelles mesures afin de mieux surveiller les individus soupçonnés de terrorisme. Il a refusé d'en dévoiler les modalités.

«Permettez-moi d'être clair: ces individus qui représentent une menace à notre sécurité au pays ont violé les lois canadiennes. Le barbarisme n'a jamais été une valeur canadienne et ne le sera jamais», a-t-il dit aux membres du comité.

Selon un récent rapport fédéral, le gouvernement connaissait l'existence de plus de 130 individus ayant des liens avec le Canada, qui étaient à l'étranger et sont soupçonnés de soutenir des activités liées au terrorisme.

Environ 80 d'entre eux seraient revenus au pays.

Le ministre a fait remarquer que le gouvernement fédéral avait promulgué de nouvelles lois visant à empêcher des extrémistes de quitter le pays et à retirer la citoyenneté canadienne à ceux qui seront reconnus coupables d'actes terroristes. Le gouvernement a également investi dans une recherche universitaire afin de mieux comprendre la pensée extrémiste.

La guerre civile en Syrie et dans certaines parties de l'Irak a attiré bon nombre de combattants extrémistes étrangers. Les pays occidentaux ont été avertis que certains de ces extrémistes pourraient revenir chez eux avec de mauvaises intentions.

La GRC mène 63 enquêtes de sécurité nationale relativement à 90 individus ayant l'intention d'aller à l'étranger ou qui sont de retour au pays, a reconnu son commissaire Bob Paulson, mercredi. «La mise en place et le rythme de ces opérations sont assez rapides», a-t-il dit.

Il a ajouté que la situation ne devrait pas inquiéter les Canadiens.

En soirée mercredi, le réseau américain NBC, citant des sources du milieu du renseignement des États-Unis, a indiqué que des terroristes en herbe avaient discuté la possibilité d'agresser à l'arme blanche et des armes à feu des Canadiens et des cibles américaines au Canada. Les cibles variaient. Selon NBC, ces terroristes voulaient s'attaquer à un centre commercial ou à l'ambassade des États-Unis. Toutefois, le reportage soutient que la mise au point du plan a été perturbée.

Un porte-parole du ministre Blaney a refusé de discuter du reportage de NBC affirmant ne pas pouvoir commenter «les opérations regardant la sécurité nationale».

"Les agences de sécurité évaluent constamment la menace terroriste et prennent des mesure pour protéger les Canadiens», a écrit Jason Tamming dans un courriel transmis à La Presse Canadienne, mercredi soir.

Par ailleurs, M. Paulson soutient que la GRC met au point des mesures qui seront appropriées à la nature des présumés délits.

La GRC est également en train d'élaborer un «programme d'intervention» qui pourrait impliquer les forces policières et les communautés locales afin de détourner certains individus de l'extrémisme.

Le gouvernement conservateur accuse trois mois de retard pour livrer un système de localisation qu'il continue de vanter comme un bon outil pour empêcher les terroristes ayant grandi au pays de participer à des conflits à l'étranger. Aucune nouvelle échéance n'a été fixée à ce sujet.

En vertu du périmètre de sécurité Canada-États-Unis, le gouvernement fédéral s'est engagé à accumuler des données à partir du 30 juin sur les gens qui quittent le Canada à bord de vols internationaux. Cependant, les conservateurs ont manqué cette échéance parce que des changements législatifs et réglementaires sont requis avant que le plan puisse entrer en vigueur.

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