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Kobani: les djihadistes de l'État islamique sont repoussés par les frappes

08/10/2014 08:24 EDT | Actualisé 08/12/2014 05:12 EST

MURSITPINAR, Turquie - Les frappes aériennes de la coalition américaine ont apparemment permis aux combattants kurdes d'expulser les djihadistes du groupe armé État islamique de plusieurs secteurs de la ville de Kobani.

Un groupe a révélé que les frappes aériennes ont tué 45 djihadistes depuis lundi soir, ce qui les a contraints à se replier.

Les nouvelles frappes aériennes ont été lancées au moment où plusieurs groupes syriens de défense des droits de la personne demandaient à la communauté internationale d'intervenir de toute urgence pour empêcher Kobani de tomber entre les mains des djihadistes.

Au cours des derniers jours, des milliers de combattants de l'organisation État islamique munis d'armes lourdes saisies en Syrie et en Irak s'étaient emparés de certains secteurs de la ville, qui se trouve le long de la frontière entre la Turquie et la Syrie.

Kobani est attaquée depuis la mi-septembre, dans le cadre d'une offensive qui a permis au groupe État islamique de capturer plusieurs villages de la région et qui a déposé la guerre civile syrienne aux pieds de la Turquie.

Au moins 200 000 résidants de la région ont ainsi fui vers la Turquie pour échapper aux combats. Les combats auraient fait quelque 400 morts.

«Les frappes aériennes ont été utiles, a dit un représentant du gouvernement de Kobani, Idriss Nassan. Ce sont de bonnes frappes, mais elles ne sont pas encore aussi efficaces que nous le souhaiterions. Kobani est toujours en danger et les frappes devraient s'intensifier pour éliminer ce danger.»

En milieu de journée mercredi, des avions de combat appartenant probablement à la coalition américaine ont frappé des positions djihadistes près de Kobani. Des échanges nourris de tirs étaient aussi entendus dans les rues de la ville.

Le Commandement central des États-Unis a rapporé la destruction d'un blindé, d'une batterie d'artillerie et de trois véhicules armés.

L'Observatoire syrien des droits de la personne, à Londres, affirme que les combats sont concentrés dans le quartier de Kani Arban. Un kamikaze se serait aussi donné la mort au volant d'un camion piégé dans le quartier industriel de la ville, mais on ne disposait d'aucun bilan dans l'immédiat.

Sept groupes syriens — dont l'Organisation kurde pour les droits de la personne et l'Organisation des droits de la personne en Syrie — affirment que l'offensive du groupe État islamique à Kobani et les tactiques qu'il utilise représentent clairement une forme de persécution et de nettoyage ethnique.

Le communiqué ajoute que près de 300 000 personnes ont fui pour éviter d'avoir la gorge tranchée ou d'être décapitées. La semaine dernière, les djihadistes ont décapité neuf combattants kurdes, dont trois femmes, capturés près de Kobani.

Par ailleurs, à Hambourg, dans le nord de l'Allemagne, au moins 14 personnes ont été blessées lors d'affrontements entre des manifestants kurdes et des membres d'un mouvement islamiste. Une porte-parole de la police a expliqué mercredi que les échauffourées ont éclaté au moment où quelques centaines de Kurdes manifestaient contre le groupe État islamique. Les membres d'une mosquée salafiste voisine sont alors venus les confronter. La police a eu recours à des canons à eau et 22 personnes ont été arrêtées.

Enfin, en Irak, les militants du groupe État islamique ont abattu un hélicoptère de l'armée tout juste au nord de la ville de Beiji, à environ 200 kilomètres au nord de Bagdad, tuant les deux pilotes. Les djihadistes semblent donc maintenant posséder la capacité d'abattre des aéronefs, ce qui pourrait représenter une menace pour l'opération américaine.

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