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État islamique: la situation actuelle à la frontière turco-syrienne expliquée par une carte interactive

08/10/2014 10:50 EDT | Actualisé 08/10/2014 10:52 EDT
Google Maps

Fort de ses victoires en Irak et en Syrie, le chef de l'Etat islamique (EI, ou Daech en arabe) Abou Bakr al-Baghdadi a proclamé en juin un "califat" à cheval sur les deux pays.

Au mois de septembre, l'EI contrôlait environ un quart de la Syrie (45.000 km²), établissant sa capitale officieuse à Raqqa dans le nord du pays. Cette zone géographique demeure parmi les plus pauvres en Syrie, peuplée au nord-est et nord-ouest par des populations kurdes qui vivent le long de la frontière avec la Turquie.

C'est cette frontière turco-syrienne qui est au centre des combats et cristallise cette semaine des enjeux importants. La bataille actuelle de Kobané (Ayn al-Arab en arabe) s'inscrit comme un objectif capital pour l'EI: s'ils venaient à conquérir entièrement la troisième ville kurde de Syrie (45.000 habitants), les jihadistes s'assureraient le contrôle sans discontinuité d'une longue bande de territoire à la frontière turco-syrienne.

Malgré tout, si Kobané cristallise en ce moment l'émoi international, elle ne constitue pas non plus nécessairement une priorité pour la coalition internationale, qui répond à la poussée de l'EI par des frappes aériennes. "L'enjeu, c'est Bagdad, pas Kobané", lâche ainsi une source gouvernementale française à l'AFP.

Hollande soutient la création d'une zone tampon entre la Syrie et la Turquie

Dans la stratégie de la coalition, Kobané n'est sans doute qu'une étape, comme d'autres places fortes tombées puis reprises. "Il faudra des mois et des mois avant d'imaginer une contre-offensive (majeure). La planification coordonnée des Américains à Doha ne commencera qu'en novembre", souligne cette source.

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De son côté, la Turquie, qui répète qu'elle ne laissera pas tomber Kobané et en appelle à une opération militaire terrestre, n'a envoyé pour l'heure aucun signal concret d'une possible intervention ou aide aux combattants. "La Turquie est réticente parce qu'elle craint qu'à long terme les Kurdes ne se retournent contre elle et n'obtiennent leur autonomie régionale", note ainsi Erin Marie Saltman, experte au centre de réflexion Quilliam à Londres.

François Hollande soutient lui la création d'une "zone tampon entre la Syrie et la Turquie pour accueillir et protéger les personnes déplacées", indique mercredi l'Elysée à l'issue d'un entretien téléphonique entre le président et son homologue Recep Tayyip Erdogan. "Le Président de la République a insisté sur la nécessité d'éviter le massacre des populations au Nord de la Syrie. Il a apporté son soutien à l'idée avancée par le président Erdogan" concernant la zone tampon, est-il précisé dans un communiqué.

» Pour comprendre les enjeux actuels le long de frontière turco-syrienne, naviguez dans notre carte interactive ci-dessous. Légende: la frontière turco-syrienne en rouge; les zones contrôlées par l'EI en bleu; les fronts anti-kurdes en noir; les populations kurdes en orange (déployez la légende complète en cliquant sur l'icône en haut à gauche dans la carte):


L'État islamique en 7 points


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