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Procès Magnotta: un ami de Jun Lin raconte ses recherches pour le retrouver

07/10/2014 12:45 EDT | Actualisé 07/12/2014 05:12 EST

MONTRÉAL - Un ami de Jun Lin a fait des recherches sur le web pour trouver «un fou, un pic à glace», après avoir entendu parler d'une supposée «vidéo de meurtre» des jours après la disparition de l'étudiant chinois, ont appris les jurés au procès pour meurtre prémédité de Luka Rocco Magnotta.

Dong Dong Xu a témoigné que Jun Lin était à ce moment disparu depuis plusieurs jours et que ses recherches n'avaient pas porté fruit.

Il s'est alors tourné vers l'Internet pour trouver la vidéo.

La première image qui est apparue était la photo d'une tête décapitée.

«Je l'ai immédiatement reconnu», a déclaré M. Xu après avoir détaillé sa recherche frénétique vers la fin mai 2012 pour retrouver l'étudiant chinois.

Il a décrit Jun Lin comme une personne discrète et timide, qui était son impression lorsqu'il l'a rencontré pour la première fois en septembre 2011, et a dit qu'il était apprécié de tous.

Il a déclaré mardi qu'il a été mis à contribution le 27 mai après avoir reçu un appel de l'ex-amant de Jun Lin, Feng Lin, qui n'avait pas eu de nouvelles de lui depuis près de 60 heures.

M. Xu a expliqué qu'il s'est rendu à l'appartement de Jun Lin à Montréal et à un dépanneur où il travaillait à temps partiel.

Il a immédiatement appelé la police après que le propriétaire lui eut dit que Jun Lin ne s'était pas présenté pour deux quarts de travail.

«J'avais peur que quelque chose de pénible se soit produit, alors j'ai appelé la police», a-t-il témoigné.

L'homme a ensuite poursuivi ses recherches à l'Université Concordia, où le jeune homme de 33 ans étudiait en génie. Il a aussi contacté le consulat chinois à Montréal pour rapporter une personne disparue.

À la demande Feng Lin, il est allé regarder dans l'ordinateur de Jun Lin pour trouver des indices. Son sac d'école se trouvait dans un coin du salon et son argent et ses pièces d'identité se trouvaient aussi à la maison.

Le 29 mai, M. Xu a vu que des gens échangeaient en ligne au sujet d'une vidéo décrivant «un processus de meurtre» avec le titre «un fou, un pic à glace» («One Lunatic, Once Ice Pick»).

«J'ai vu une tête décapitée sur l'Internet mais je n'ai pas regardé la vidéo la première fois», a-t-il dit.

Ce n'est que plus tard qu'il a jeté un coup d'oeil à la vidéo, qu'il a brièvement décrite pour le jury.

«Au début, on voit une personne vivante attachée au lit, un homme, les yeux bandés, qui se débat», a dit M. Xu, précisant que cet homme n'est pas Jun Lin.

Dans des scènes subséquentes, un corps est découpé et il y a des images d'une personne avec un couteau qui tente d'en couper des morceaux. Il y a aussi des images d'un chien qui lèche des parties coupées d'un corps.

M. Xu a déclaré qu'un policier lui a dit ne jamais avoir vu une vidéo d'une scène de crime comme celle-là dans toute sa carrière.

«Je n'ai pas regardé la vidéo après cela», a déclaré M. Xu.

Jun Lin a été vu pour la dernière fois lors de la nuit du 24 mai 2012 alors qu'il a été filmé par des caméras de surveillance pendant qu'il entrait dans l'appartement de Magnotta. Son torse a été découvert dans les vidanges derrière l'édifice le 29 mai.

Magnotta, âgé de 32 ans, est accusé du meurtre prémédité de l'étudiant chinois Jun Lin. Il fait également face à des accusations de profanation de cadavre, de publication de matériel obscène (sur Internet), de harcèlement criminel envers le premier ministre Stephen Harper et d'autres députés fédéraux, ainsi que d'envoi (par la poste) de matériel obscène et indécent. Il a admis avoir commis les crimes qui lui sont reprochés, mais soutient ne pas être criminellement responsable pour cause d'aliénation mentale.

La Couronne soutient de son côté que le meurtre était planifié et délibéré.

Plus tôt dans la journée de mardi, l'enquêteuse Claudette Hamlin, de la section des homicides du Service de police de la Ville de Montréal, a terminé son témoignage.

L'avocat de Magnotta, Luc Leclair, a interrogé Mme Hamlin sur les vidéos de surveillance saisies par les autorités à un arrêt d'autobus de Paris et à un café Internet de Berlin où l'accusé a été arrêté le 4 juin 2012.

Le jury a regardé Magnotta entrer dans le café. Environ 90 minutes plus tard, on aperçoit un employé du café qui gesticule vers un policier qui se trouve sur la rue. Ils entrent, arrêtent Magnotta et quittent avec lui.

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