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L'ex-premier ministre néo-démocrate Gary Doer appuie la guerre contre ÉI en Irak

07/10/2014 05:38 EDT | Actualisé 07/12/2014 05:12 EST

WASHINGTON - L'ambassadeur du Canada à Washington, Gary Doer, qui a été premier ministre néo-démocrate du Manitoba pendant 10 ans, appuie sans réserve la décision du gouvernement conservateur de faire participer le Canada à la guerre en Irak contre le groupe armé État islamique.

Lorsqu'on l'a interrogé mardi sur l'initiative militaire canadienne, M. Doer a refusé de commenter la décision de son ancien parti et des libéraux de s'y opposer à la Chambre des communes, invoquant le devoir de réserve que lui impose sa fonction.

Il a par contre vanté les mérites de la proposition du premier ministre Stephen Harper, tout en respectant la décision que prendra ensuite le Parlement sur cette question.

Dans une entrevue accordée mardi à l'ambassade, M. Doer a d'ailleurs tenu à rappeler que lorsqu'il était premier ministre néo-démocrate, il avait appuyé le déploiement de militaires canadiens en Afghanistan après les attentats du 11 septembre 2001, pour débusquer les talibans qui avaient offert refuge à des membres d'Al-Qaïda.

Cet appui à la lutte menée par les Américains contre le groupe armé ÉI semble par ailleurs mettre un peu de baume sur les quelques irritants qui sont apparus récemment entre Washington et Ottawa, notamment sur le projet d'oléoduc Keystone XL.

Ce que reconnaît d'ailleurs l'ambassadeur Doer, qui confirme que «l'administration (américaine) est très heureuse de la recommandation du premier ministre».

«Ils comprennent qu'il doit y avoir un vote au Parlement. Et ils ont déjà vu des propositions défaites aux voix», a-t-il dit, faisant référence à la tentative infructueuse du premier ministre David Cameron, l'an dernier, d'engager l'aviation britannique dans des frappes aériennes contre le régime Assad en Syrie.

Mais M. Doer refuse de croire que cet engagement du premier ministre Harper donnera des résultats dans d'autres dossiers comme celui de Keystone. «Ces décisions doivent être prises sur la base d'arguments stratégiques, et de ce qui est moralement juste», a-t-il soutenu.

À Washington, l'appui à la guerre contre le groupe ÉI est assez largement partagé chez les élus, les critiques venant surtout en fait de «faucons», qui estiment que le président Barack Obama a agi trop peu, trop tard. Dans les rangs mêmes du président, l'ancienne secrétaire d'État Hillary Clinton et l'ancien secrétaire à la Défense Leon Panetta ont déjà écrit dans des livres qu'ils avaient pressé Barack Obama d'armer les rebelles syriens modérés bien avant que les islamistes ne dominent l'opposition dans ce pays.

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