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Kobani est sur le point de tomber aux mains de l'ÉI, dit le président turc

07/10/2014 08:36 EDT | Actualisé 07/12/2014 05:12 EST

MURSITPINAR, Turquie - La ville syrienne de Kobani est sur le point de tomber entre les mains des djihadistes du groupe armé État islamique, a prévenu mardi le président de la Turquie.

Les islamistes bombardent depuis plusieurs jours les forces kurdes qui défendent la ville à l'aide de chars et d'armes lourdes capturés en Irak et en Syrie.

Recep Tayyip Erdogan a lancé cet avertissement alors qu'il s'adressait à des réfugiés syriens dans un camp de la province de Gaziantep, près de la frontière avec la Syrie. M. Erdogan a ajouté que des frappes aériennes ne suffiront peut-être pas pour stopper la progression de l'organisation État islamique, et a demandé plus d'aide pour les forces qui la combattent.

«Kobani est sur le point de tomber, a-t-il dit. Nous demandons trois choses: la création d'une zone d'exclusion aérienne; la déclaration d'une zone de sécurité parallèle à cette région; et que l'opposition modérée en Irak et en Syrie soit entraînée et équipée.»

Des chars turcs et d'autres forces terrestres sont déployés à quelques centaines de mètre de Kobani. Ils ne sont pas encore intervenus, mais la Turquie a prévenu tout récemment qu'elle ne permettra pas la chute de Kobani.

Des avions provenant probablement de la coalition américaine ont attaqué, tard lundi puis encore mardi, des positions djihadistes autour de Kobani. Des combattants kurdes avaient précédemment expulsé les militants du groupe État islamique de la portion orientale de Kobani, où ils avaient hissé leur bannière noire quelques heures plus tôt, a révélé l'Observatoire syrien des droits de la personne, à Londres.

Mardi matin, des journalistes en poste du côté turc de la frontières ont entendu le son d'avions de combat avant que deux imposantes colonnes de fumée ne s'élèvent tout juste à l'ouest de Kobani. Des tirs éparpillés pouvaient aussi être entendus mardi dans la ville.

La coalition américaine a lancé des dizaines de frappes aériennes contre des positions du groupe État islamique depuis deux semaines, pour aider les forces kurdes à défendre la ville, mais les djihadistes continuent à progresser après avoir capturé de nombreux villages depuis la mi-septembre. Au moins 400 personnes ont été tuées depuis le début de l'offensive, et quelque 200 000 autres ont pris la fuite.

Pendant ce temps, des manifestants kurdes qui réclament plus d'aide pour défendre Kobani ont affronté la police turque et ont réussi à pénétrer dans le Parlement européen.

Des manifestations sont rapportées dans au moins six villes turques. Un manifestant de 25 ans aurait été tué soit par balle, soit par un contenant de gaz lacrymogène dans la ville de Varto. À Istanbul, une personne a été hospitalisée après avoir été atteinte à la tête par un contenant de gaz, selon l'agence de presse Dogan. La police a utilisé des canons à eau et des gaz lacrymogènes, mardi, pour disperser des manifestants rassemblés près de la frontière entre la Turquie et la Syrie.

Un couvre-feu a été imposé dans six villes de la province de Mardin, dans le sud-est du pays, selon Anadolu.

À Bruxelles, une cinquantaine de manifestants kurdes ont défoncé une porte et contourné les policiers pour pénétrer dans l'enceinte du Parlement européen. Certains ont été reçus par Martin Schulz, le président du Parlement, qui a promis de discuter du dossier avec l'UE et l'OTAN.

En Allemagne, 600 autres Kurdes ont manifesté mardi à Berlin pendant qu'à Francfort, entre 500 et 600 personnes ont marché pendant la nuit vers le consulat américain. On rapporte des manifestations ailleurs en Allemagne, mais aussi en Autriche.

Pendant la nuit, des manifestants kurdes avaient occupé le Parlement néerlandais, où ils ont rencontré des parlementaires, et manifesté devant le Parlement français. Une autre manifestation est prévue à cet endroit mardi.

Des Kurdes ont également manifesté à Oslo, à Helsinki et à Stockholm.

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