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Caisse de dépôt: les rentes de retraite n'ont rien de scandaleuses, selon Leitao

07/10/2014 03:32 EDT | Actualisé 07/12/2014 05:12 EST

QUÉBEC - Les régimes de retraite plantureux destinés aux hauts dirigeants de la Caisse de dépôt et placement du Québec n'ont rien de scandaleux, estime le ministre des Finances, Carlos Leitao.

En point de presse mardi, le ministre a soutenu que les rentes annuelles de six chiffres consenties à une poignée de dirigeants étaient somme toute une bonne affaire compte tenu de la concurrence qui s'exerce dans le domaine de la finance et de la mobilité de la main-d'oeuvre de haut niveau.

«Ce sont des personnes qui travaillent à Montréal, ils auraient pu travailler à New York, ils auraient pu travailler n'importe où, ils sont à Montréal pour gérer 200 milliards de dollars, ce n'est pas une petite institution et pour les garder là il faut des salaires compétitifs», a justifié M. Leitao.

«Pour attirer de hauts dirigeants capables de gérer une telle organisation, il nous faut des régimes de rémunération qui soient compétitifs avec ce qui se fait ailleurs», a-t-il ajouté.

Dans son édition de mardi, le Journal de Montréal révélait que cinq vice-présidents de la Caisse empocheront une rente annuelle oscillant entre 161 000 $ et 515 900 $ une fois à la retraite à l'âge de 65 ans. Ces dirigeants profitent de deux programmes de retraite: le Régime de retraite du personnel d'encadrement (RRPE), pour lequel ils contribuent à hauteur de 50 pour cent, et le Régime supplémentaire de retraite pour les cadres désignées (RSRCD), entièrement financé celui-là par la Caisse.

Les dirigeants en question sont Roland Lescure, vice-président et chef des placements (515 900 $), Normand Provost, vice-président et chef des placements privés (404 100 $), Claude Bergeron, vice-président et chef de la direction des risques (321 200 $), Bernard Morency, vice-président et chef des opérations (161 500 $), ainsi que Maarika Paul, vice-présidente et chef de la direction financière (211 000 $).

Il est à noter que le grand patron de la Caisse, Michael Sabia, a renoncé au programme de retraite lors de son recrutement en 2009.

Selon M. Leitao, les conditions de retraite des vice-présidents font partie de leur rémunération totale et à ce chapitre, elle demeure en deçà de ce qui est versé en moyenne chez les autres grands gestionnaires de portefeuille.

«Le régime de pension de ces cinq ou six personnes, dans le cadre de la rémunération totale, est bel et bien dans la moyenne et même inférieure à la moyenne des autres organismes de même type (que la Caisse). Je ne suis pas du tout scandalisé», a-t-il déclaré.

Du même souffle, le ministre des Finances a rejeté du revers de la main toute comparaison avec la situation des syndiqués qui dénoncent les coupes dans les régimes de retraite municipaux.

«Ce n'est pas deux poids deux mesures parce que les dirigeants de la Caisse ont négocié ça dans leurs conditions d'emploi et on parle ici de six personnes», a fait valoir M. Leitao.

Contrairement aux dirigeants de la Caisse, les employés municipaux sont «des milliers dont les conditions de retraite et autres doivent être assumées par les contribuables», a-t-il argué.

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