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Magnotta a acheté un billet d'avion pour Paris après avoir tué Lin Jun

06/10/2014 12:14 EDT | Actualisé 06/12/2014 05:12 EST
CP

MONTRÉAL - Au procès de Luka Rocco Magnotta pour meurtre prémédité, le jury s'est fait dire, lundi, que la police n'a pas été en mesure de déterminer comment, quand ni pourquoi l'accusé a rencontré pour la première fois sa future victime, l'étudiant chinois Jun Lin.

L'une des détectives de la section des homicides du Service de police de la ville de Montréal (SPVM) a déclaré que malgré des recherches exhaustives des relevés téléphoniques et de leurs activités sur Internet, la police n'a pu déterminer comment leurs chemins se sont croisés.

Sur les 7484 photos trouvées sur l'ordinateur de Jun Lin, aucune ne présentait Magnotta, selon Claudette Hamlin.

Le procès a repris lundi matin à Montréal, avec d'autres visionnements des vidéos de surveillance de l'édifice où Magnotta résidait qui le montrent quitter pour la dernière fois son appartement le 26 mai 2012 et monter dans un taxi.

Cette vidéo a été filmée deux jours après que Jun Lin eut été vu entrer dans l'édifice avec Magnotta.

Il n'a jamais été revu vivant par la suite.

Magnotta a été filmé pendant deux jours en train de jeter des vidanges avant de quitter son appartement pour de bon.

L'accusé de 32 ans a plaidé non coupable aux cinq accusations portées contre lui. Il affirme ne pas être criminellement responsable de la mort de l'étudiant chinois pour cause d'aliénation mentale.

Les jurés ont pu voir dans les vidéos Jun Lin, 33 ans, portant un t-shirt jaune, des shorts et une casquette de baseball alors qu'il entrait nonchalamment dans l'édifice avec Magnotta à 22 h 16 le 24 mai 2012.

À peine quelques heures plus tard, Magnotta a été filmé par les mêmes caméras et il portait alors le t-shirt de Jun Lin pendant qu'il allait porter méthodiquement des déchets dans le sous-sol de l'édifice et aussi à l'extérieur le lendemain.

Le torse de Jun Lin a été trouvé le 29 mai, placé dans une valise derrière l'appartement de Magnotta.

Une casquette semblable à celle de Jun Lin a été retrouvée dans les effets personnels de Magnotta quand il a été arrêté à Berlin au début du mois de juin 2012. Les enquêteurs ont aussi récupéré une perruque noire d'une valeur de 1700 $.

La police a aussi retrouvé deux factures; une de Postes Canada et l'autre de Zellers, pour de la literie.

Mme Hamlin a ajouté que, bien que l'appartement de M. Magnotta ait soigneusement été nettoyé, plusieurs traces de sang ont été retrouvées.

Également lundi, le jury a visionné une vidéo d'un autre individu qui est allé à l'appartement de Magnotta une semaine avant le meurtre de Jun Lin.

Cette personne, qui n'a pas été identifiée par les enquêteurs, apparaît dans les 53 premières secondes de la dénommée «vidéo du meurtre» que le jury n'a pas encore vue.

Selon les images de la vidéo, l'homme se serait présenté à l'appartement le 18 mai 2012 et a quitté le lendemain, accompagné de Magnotta, qui lui tenait le bras pour l'aider à descendre les marches.

À la fin de la journée, les jurés ont regardé des vidéos de Magnotta à l'aéroport Pierre-Eliott Trudeau de Montréal, à l'aéroport Charles-de-Gaulle à Paris. D'autres images de lui dans un hôtel de Paris et dans une station d'autobus, où il se dirigeait vers Berlin, ont été présentées.

Magnotta avait été arrêté à Berlin le 31 mai.

Il a été révélé qu'il avait voyagé en se présentant avec sa vraie identité et qu'il s'était procuré son billet d'avion quelques heures après être entré dans son appartement avec Jun Lin.

L'accusé aurait aussi changé de téléphone cellulaire le même jour. Il aurait fait plusieurs appels vers un numéro de téléphone ontarien.

Bien que Magnotta ait admis avoir posé les gestes qu'on lui reproche en lien avec la mort de Jun Lin, son avocat a déclaré que son client souffre de schizophrénie et avait reçu un diagnostic de trouble de la personnalité limite peu de temps avant le meurtre. La Couronne, elle, plaide que ce meurtre était planifié et délibéré.

En plus du meurtre prémédité, Magnotta fait également face à des accusations de profanation de cadavre, de publication de matériel obscène, de harcèlement criminel envers le premier ministre Stephen Harper et d'autres députés fédéraux, ainsi que d'envoi de matériel obscène et indécent.

Le procès se poursuit mardi.

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