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Mâcher de la gomme et produire de l'électricité

06/10/2014 05:13 EDT | Actualisé 06/10/2014 09:42 EDT
nyul via Getty Images

Il sera un jour possible de recharger la pile d'un appareil auditif en mâchant de la gomme. Une simple conversation téléphonique permettra également de recharger son oreillette Bluetooth. Deux chercheurs de l'École de technologie supérieure (ETS) de Montréal ont réussi à convertir les mouvements de la mâchoire en électricité, à transformer le corps humain en véritable dynamo.

Dans le laboratoire de la Chaire de recherche industrielle en technologies intra-auriculaires Sonomax-ETS, un groupe de chercheurs met au point une oreille bionique. « Ce qu'on souhaite faire, c'est de pouvoir communiquer dans le bruit », explique le titulaire de la chaire, le professeur Jérémie Voix.

L'oreille bionique est composée d'un bouchon qui épouse parfaitement la forme de l'oreille et permet de bloquer le bruit. À l'intérieur du bouchon, deux micros et des haut-parleurs miniatures captent et diffusent le son. Un processeur élimine les bruits nuisibles et ne laisse passer que les sons utiles, comme la voix. Plutôt utile lorsqu'on travaille dans un environnement bruyant.

À l'heure actuelle, l'oreille bionique est alimentée par une toute petite pile. « Typiquement, une pile comme celle-là va s'oxyder au bout d'une semaine, alors il faut la changer après quelques jours, qu'on l'utilise ou non. » Pour le professeur Jérémie Voix, « c'était donc hors de question que l'on ait ce genre de faiblesse dans le design du produit ».

Il fallait donc trouver une autre façon d'alimenter l'appareil.

Pour récupérer l'énergie générée par les mouvements de mâchoire, l'équipe de l'ETS a mis au point une fibre piézoélectrique. « Piézoélectrique, ça veut dire qu'en se déformant, la matière va créer des charges électriques. »

Chaque mouvement de mâchoire comprime l'oreille bionique. La fibre piézoélectrique insérée dans l'oreillette se déforme et génère de l'énergie. « Cette structure va générer de l'énergie à chaque fois que l'on va déformer le conduit, à chaque fois que l'on va mâcher. Pour le moment, la quantité d'électricité obtenue est faible, explique Jérémie Voix. « Mais ce que l'on a, c'est des preuves de concept, des preuves de faisabilité, on a montré que c'est possible.

En plus d'avoir trouvé une façon de produire de l'électricité à partir du mouvement du conduit auditif, le professeur Jérémie Voix et son collègue Aidin Delnavaz ont découvert une autre façon de récolter de l'énergie à partir des mouvements de la mâchoire. Ils ont intégré une fibre piézoélectrique à la sangle d'un casque. Pour en faire la preuve, Aidin Delnavaz, associé de recherche à la Chaire Sonomax-ETS, installe sur sa tête le prototype qu'il a mis au point.

« Quand je commence à bouger la mâchoire, vous pouvez regarder, on a récupération d'énergie. On a du voltage. Quand je ne parle pas, la bouche ne bouge pas et on n'a pas de voltage. » La fibre piézoélectrique intégrée à la sangle du casque convertit en énergie le moindre mouvement de sa mâchoire.

Ce genre de technologie pourrait, par exemple, être intégré aux casques des premiers répondants et alimenter les appareils des communications qu'ils utilisent. Grâce à ces recherches, le jour viendra où les moindres mouvements du corps pourraient être transformés en électricité.

Ce soir à 18 h, regardez la version télévisée du reportage de Vincent Maisonneuve, au Téléjournal, sur ICI Radio-Canada Télé.

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