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La tempête est passée, mais l'orage gronde encore dans l'équipe de courte piste

06/10/2014 04:03 EDT | Actualisé 06/12/2014 05:12 EST

MONTRÉAL - La tempête est peut-être passée au sein de l'équipe nationale de patinage de vitesse courte piste féminine, mais l'orage gronde toujours.

À la conclusion de la dernière saison, Valérie Maltais et sa coéquipière Marianne St-Gelais avaient chacune fait parvenir une lettre à la haute direction de Patinage de vitesse Canada (PVC) pour exprimer leur insatisfaction envers leur entraîneur Frédéric Blackburn.

La discorde était telle que Maltais avait demandé une permission spéciale à PVC afin de prendre du recul et de peaufiner sa technique en patins à roues alignées, dans l'espoir d'accéder aux Jeux panaméricains de Toronto en 2015.

Rencontrée à l'occasion du dévoilement des équipes nationales masculines et féminines pour les quatre premières Coupes du monde sur courte piste de l'ISU lundi après-midi, à l'aréna Maurice-Richard, Maltais a reconnu que sa relation avec Blackburn s'était améliorée. La représentante des athlètes avoue cependant que tout n'est pas rose, loin de là.

«Les dernières années ont été épuisantes mentalement, a convenu Maltais. J'étais toujours mécontente après avoir eu une discussion avec les dirigeants de l'équipe, parce qu'on avait promis des changements pour la prochaine saison et qu'on a plutôt choisi d'annoncer le retour de Frédéric. Le changement qu'on a présentement, c'est qu'on participe à des entraînements hybrides, avec les garçons, et qu'on a un meilleur accès aux entraîneurs masculins pour nous conseiller et nous donner du 'feedback'.»

L'athlète native de La Baie a confié qu'ils se sont rencontrés seul à seul avant le début de la saison pour mettre les barres sur les 't' et les points sur les 'i'.

«J'ai eu une discussion avec Frédéric, maic c'est certain que d'ici la Coupe du monde de Montréal il faudra avoir une autre discussion avec les dirigeants, a admis Maltais. Je n'ai pas encore discuté avec Brian Rahill — le nouveau directeur du programme haute performance qui est entré en fonction le 22 septembre —, mais c'est certain que c'est dans mes plans.»

Pour sa part, Blackburn ignore où il sera à l'issue du prochain cycle olympique. L'homme âgé de 42 ans donnait l'impression lundi après-midi qu'il travaillait sur du temps emprunté.

«J'ai un travail d'entraîneur, et on sait que dans ce milieu-là, c'est toujours une année à la fois, a-t-il expliqué. Nous, on ne signe pas d'entente pour quatre ans comme dans la LNH. Ce que je trouve intéressant dans cette fédération-ci, c'est que si on n'est plus entraîneur, alors on peut toujours occuper un autre poste au sein de l'organisation.

«Mais j'ai acquis de l'expérience, j'ai fait de bons coups et d'autres moins bons, je suis fier de ce que j'ai fait jusqu'à maintenant et je regarde vers l'avant, a-t-il ajouté. (...) Et si je suis encore ici dans quatre saisons, alors ce sera quatre saisons. Et si je suis encore à PVC, alors ce sera parfait, mais d'autres pays sont en développement et pourraient être intéressés.»

St-Gelais sera «plus détachée»

L'autre dissidente au sein de l'équipe féminine, St-Gelais, a imité Maltais et rencontré Blackburn individuellement au cours de l'été. Elle assure que les choses se sont replacées, mais a ajouté que désormais, elle sera plus «détachée» envers les problèmes de ses coéquipières et de son équipe.

«Chaque fille est différente, et mes besoins sont différents de ceux des autres, a-t-elle expliqué. De plus, je ne communique pas de la même façon que les autres avec Frédéric. Je crois que c'était important que chaque fille fasse son bout de chemin vers Frédéric. Moi, en ce moment, je suis confortable avec lui. Est-ce que je peux en dire autant des autres filles? Je ne sais pas. Et je ne veux pas le savoir, parce que ça ne me permet pas d'avancer dans mon processus. Donc j'ai pris mes choses en main.»

St-Gelais, de Saint-Félicien, participera aux quatre premières Coupes du monde de patinage de vitesse courte piste, à l'instar de Kim Boutin, de Sherbrooke, Kassandra Bradette, de Saint-Félicien, et Joanie Gervais, de Saguenay.

Courtney Shmyr, de Langley, en Colombie-Britannique, et Maltais participeront aux Coupes du monde de Salt Lake City, du 7 au 9 novembre, et de Montréal, du 14 au 16 novembre. Elles céderont leur place à Namasthée Harris-Gauthier, de Montréal, et Audrey Phaneuf, de Boucherville, pour les deux suivantes à Shanghai, du 12 au 14 décembre, et à Séoul, du 19 au 21 décembre.

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