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Hong Kong: les manifestations perdent de leur intensité

06/10/2014 09:45 EDT | Actualisé 06/12/2014 05:12 EST

HONG KONG - Les manifestations pro-démocratie ont perdu beaucoup d'intensité, lundi à Hong Kong, mais quelques centaines de militants occupaient toujours les rues de la ville et promettaient d'y rester tant que le gouvernement n'aura pas cédé à leurs demandes.

Les écoles ont rouvert leurs portes et les fonctionnaires ont repris le boulot, lundi matin, après que les manifestants aient dégagé l'espace devant le siège du gouvernement, au coeur des manifestations qui avaient éclaté la fin de semaine précédente.

Les foules étaient aussi nettement moins denses au site de deux autres manifestations, et la circulation automobile a repris sur des rues auparavant bloquées.

Plusieurs se demandent maintenant si le mouvement est en train de s'essouffler ou si les étudiants qui en sont à l'origine ont une stratégie pour la suite des événements.

«Ils vont finir par manquer d'énergie si les manifestations s'éternisent, a dit le professeur Michael Davis, de l'Université de Hong Kong. Ils ont besoin d'une stratégie qui va leur permettre de retirer les foules pour menacer de les mobiliser de nouveau s'ils croient que le gouvernement n'est pas sincère.»

Des pourparlers ont débuté entre le gouvernement et les étudiants, mais plusieurs points de désaccord persistent. Le chef de l'exécutif de Hong Kong, Leung Chun-ying, qui refuse de démissionner, a déclaré à la télévision, lundi, que le gouvernement recherchera un «dialogue sincère sur la réforme politique».

Au même moment, il demandait à tous les manifestants de libérer les rues et de rentrer chez eux.

«Il y a plusieurs adolescents et étudiants qui aiment passionnément Hong Kong au sein de différentes assemblées. Mais certains sont agressifs et ont recours à la violence. Peu importe votre attitude face à Occupy Central, la police adoptera la ligne dure contre ceux qui ont recours à la violence», a dit M. Leung.

Les étudiants ont prévenu qu'ils quitteront la table des négociations si jamais le gouvernement utilise la force contre les manifestants qui sont toujours dans les rues.

«Ce n'est définitivement pas la fin — nous n'avons jamais eu de calendrier précis, a dit un des leaders étudiants, Alex Chow. Il est normal pour les gens de rentrer chez eux. La balle est maintenant dans le camp du gouvernement. C'est la première étape, mais la pression doit continuer.»

M. Davis croient que les étudiants pourraient crier victoire s'ils réussissent à convaincre le gouvernement que des mises en candidature libres représentent une menace moins grande que celle de nouvelles manifestations.

Hong Kong est secouée par d'importantes manifestations populaires depuis que la Chine a annoncé que tous les candidats en vue des premières élections directes, en 2017, devront avoir été préalablement approuvés par un comité pro-Pékin. Les militants réclament des candidatures libres et la démission du chef de l'exécutif de Hong Kong, Leung Chun-ying.

Seulement quelques centaines de personnes manifestaient toujours lundi dans les secteurs de l'Admiralty et de Mong Kok, où des échauffourées ont éclaté pendant le week-end. Environ 25 manifestants, surtout des étudiants, se trouvaient encore devant le siège du gouvernement et certains ont dit vouloir y rester aussi longtemps que possible.

La police dit avoir arrêté une trentaine de personnes depuis le début des manifestations.

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