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CPI: le président du Kenya quittera temporairement son poste

06/10/2014 11:54 EDT | Actualisé 06/12/2014 05:12 EST

NAIROBI, Kenya - Le président du Kenya a annoncé lundi qu'il quittera temporairement son poste, de manière à participer à une audience de la Cour pénale internationale à La Haye, plus tard cette semaine.

Uhuru Kenyatta est accusé de crimes contre l'humanité pour avoir supposément alimenté la violence qui a fait un millier de morts après l'élection présidentielle au Kenya, en décembre 2007.

Le tribunal lui a ordonné de se présenter en personne, mercredi, et lui a refusé le droit de comparaître par vidéo.

Ne souhaitant pas devenir le premier président au pouvoir à se présenter devant la CPI, M. Kenyatta a déclaré, lors d'une allocution devant le Parlement retransmise à la télévision nationale, qu'il invoque pour la toute première fois une clause de la Constitution qui lui permet de quitter son poste et d'être temporairement remplacé par le vice-président William Ruto.

M. Kenyatta a profité de son discours pour répéter son innocence et rappelé que la procureure de la CPI a été critiquée par le tribunal pour la faiblesse de son dossier. Il a ensuite souligné que l'Union africaine a adopté une résolution qui accorde l'immunité aux présidents au pouvoir, face aux tribunaux internationaux.

M. Kenyatta a ensuite déclaré que le «siècle d'exploitation et de domination» de l'Afrique par l'Occident se poursuit. Des détracteurs de la CPI déplorent qu'elle n'ait poursuivi que des Africains. M. Kenyatta a enfin déclaré que les actes qui lui sont reprochés se sont produits avant sa présidence.

«C'est pour cette raison que je choisis de ne pas mettre la souveraineté de plus de 40 millions de Kényans en procès, puisque leur volonté démocratique ne devrait pas être soumise à une autre juridiction, a-t-il dit. Qu'on ne dise donc pas que j'assisterai à cette audience comme président du Kenya. Rien quant à ma position ou mes gestes ne justifie ma présence devant le tribunal.»

M. Kenyatta aurait pu faire l'objet d'un mandat d'arrestation et de sanctions internationales s'il avait refusé de se rendre à la CPI.

Le dossier contre M. Kenyatta semble toutefois en voie de s'effondrer, puisque des témoins refusent d'être entendus ou revoient leurs versions. La relation jadis houleuse entre le Kenya, les États-Unis et l'Union européenne semble aussi prendre du mieux.

M. Kenyatta, M. Ruto et une vedette de la radio kényane sont tous accusés de crimes contre l'humanité par la CPI en lien avec les violences postélectorales, qui avaient notamment chassé 600 000 personnes de chez elles.

MM. Kenyatta et Ruto sont d'anciens adversaires politiques qui se sont unis au sein du gouvernement après avoir été tous deux mis en accusation.

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