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Mexique: au moins 21 cadavres dans des fosses près de la ville d'Iguala

05/10/2014 06:30 EDT | Actualisé 05/10/2014 06:30 EDT
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Au moins 21 cadavres, dont certains calcinés, ont été exhumés jusqu'à présent des fosses clandestines trouvées près du lieu de disparition de 43 étudiants le 26 septembre, a indiqué dimanche un responsable régional de l'Etat mexicain de Guerrero.

Questionné par l'AFP, le ministre de la Santé de Guerrero, Lazaro Mazon, a indiqué que certains des 21 corps étaient "calcinés".

Les fosses ont été trouvées samedi près de la localité de Pueblo Viejo, dans une zone montagneuse, grâce aux témoignages de certaines des 30 personnes arrêtées dans cette affaire, dont 22 policiers municipaux et des membres présumés d'un cartel local de narcotrafiquants.

Les autorités les soupçonnent d'avoir agi de concert il y a plus d'une semaine en tirant sur des autobus et d'autres véhicules à Iguala, avec un bilan de 6 morts et 25 blessés.

Après ces fusillades, 43 étudiants avaient été portés disparus. Des témoins ont assuré avoir vu des dizaines d'étudiants être emmenés peu après dans des voitures de police vers une destination inconnue.

Les autorités ont demandé du temps pour effectuer les tests génétiques permettant de confirmer si, parmi les cadavres trouvés dans les fosses, figurent des étudiants disparus.

Vidulfo Rosales, un avocat des familles a indiqué que 35 proches des victimes avaient déjà donné des échantillons d'ADN.

Tandis que les familles attendaient des nouvelles dans l'angoisse, des centaines de collègues des élèves-enseignants ont bloqué l'autoroute menant de Chilpancingo à Acapulco, exprimant leur colère à l'intention des autorités.

Le gouverneur de Guerrero, Ángel Aguirre, a lancé un appel au calme et à "éviter la violence".

S'il se confirmait que les corps trouvés sont ceux des étudiants disparus, il s'agirait de l'un des pires massacres au Mexique depuis le début de la guerre lancée en 2006 contre les narcotrafiquants et qui a fait plus de 80.000 morts.

Dimanche, tandis que les cadavres continuaient d'être exhumés, plusieurs véhicules des services médico-légaux arrivaient à la morgue d'Iguala. Trois corps enveloppés dans des sacs argentés y ont été transportés dans la matinée, a constaté l'AFP.

Des dizaines de policiers, de militaires et d'experts étaient déployés autour des fosses dont l'accès restait interdit à la presse.

Les 43 jeunes portés disparus depuis le 26 septembre sont des élèves d'une école normale proche de Chilpancingo, capitale de l'Etat de Guerrero, connue pour être un foyer de contestation.

Ces étudiants étaient venus le 26 septembre avec des dizaines d'autres du même établissement à Iguala, à 100 km environ de leur école pour, selon leurs dires, récolter des fonds et manifester. Ils s'étaient ensuite emparés de trois autobus des transports publics locaux pour revenir chez eux.

Des policiers municipaux et des hommes armés non identifiés avaient tiré sur ces autobus, faisant trois morts, et d'autres fusillades dans la soirée avaient fait trois autres morts.

Les premiers éléments de l'enquête établiraient la participation aux fusillades d'Iguala du groupe criminel "Guerreros Unidos", "dont plusieurs éléments de la police municipale font partie", selon les autorités.

D'après certains analystes, ce groupe est issu de la division vers 2010 du cartel de narcotrafiquants des Beltrán Leyva.

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