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Mexique: 28 corps brûlés retrouvés après la disparition de plusieurs étudiants

05/10/2014 08:39 EDT | Actualisé 05/12/2014 05:12 EST

IGUALA, Mexique - L'identification des 28 corps retrouvés dans une fosse commune près d'Iguala, dans le sud du Mexique, sera longue et difficile, a prévenu dimanche le procureur général de l'État de Guerrero, Inaky Blanco.

M. Blanco a indiqué qu'il était encore trop tôt pour confirmer qu'il s'agit bien des corps des étudiants disparus depuis une semaine. Les restes sont dans un trop mauvais état pour être identifiés immédiatement, a-t-il dit.

Plusieurs proches des jeunes adultes disparus ont fourni des échantillons d'ADN dans les derniers jours pour aider les enquêteurs, selon l'avocat représentant les familles des 43 étudiants portés disparus, Vidulfo Rosales.

Les étudiants sont portés disparus depuis les violences qui ont éclaté la semaine dernière à Iguala. Six personnes avaient alors été tuées par balle. Les affrontements auraient commencé lorsque les policiers ont tiré sur un autobus occupé illégalement par des étudiants.

Selon le gouverneur de l'État, Angel Aguirre, les étudiants ont été «tués sauvagement».

Dimanche, des manifestants ont entravé un boulevard important de la capitale de l'État, Chilpancingo, pour réclamer que justice soit rendue dans cette affaire.

Des manifestations violentes avaient eu lieu samedi devant la résidence du gouverneur, dans la capitale, lorsque les corps calcinés ont été retrouvés.

Inaky Blanco a affirmé samedi que huit nouvelles personnes avaient été arrêtées, en plus des 22 policiers municipaux déjà arrêtés.

Les enquêteurs ont découvert que certains policiers municipaux seraient impliqués dans le crime organisé. Ils sont d'ailleurs à la recherche du maire de la ville, Jose Luis Abarca.

Le gouverneur de l'État avait laissé entendre plus tôt dans la semaine que le crime organisé avait infiltré le gouvernement municipal.

L'une des personnes arrêtées a déclaré aux enquêteurs que 17 étudiants avaient été emmenés à la fosse commune et exécutés sur place, selon M. Blanco. Il a toutefois souligné que cette allégation n'avait pas encore été confirmée.

L'enquête, impliquant notamment 100 soldats et des policiers fédéraux, est toujours en cours. Le bureau du procureur général et la Commission nationale des droits de l'homme ont aussi envoyé des experts pour prêter main forte à l'équipe sur le terrain.

L'État pauvre de Guerrero est souvent le théâtre de violences, alimentées par les activités des gangs de narcotrafiquants.

L'École normale Aytozinapa, fréquentée par les étudiants disparus, est reconnue pour son militantisme radical. En décembre 2011, deux élèves de l'école sont morts à la suite d'un affrontement avec la police municipale.

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