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La Russie persécute des religieux en Ukraine, selon un ambassadeur canadien

05/10/2014 03:47 EDT | Actualisé 05/12/2014 05:12 EST

OTTAWA - L'ambassadeur du Bureau de la liberté de la religion du Canada estime que la Russie persécute les chrétiens orthodoxes, les catholiques et les Tatars musulmans.

Andrew Bennett, qui amorce un voyage d'une semaine en Ukraine, y rencontrera des chefs religieux et des représentants du gouvernement. Il annoncera aussi de l'aide gouvernementale canadienne, visant à faire la promotion de la liberté religieuse et de la démocratie.

L'ambassadeur ne se rendra pas en Crimée et dans l'est du pays pour des raisons de sécurité.

Ces mesures visent à atténuer la «discrimination systématique» des troupes du président Vladimir Poutine envers les groupes chrétiens et les musulmans tatars, dans l'Est de l'Ukraine, a indiqué M. Bennett en entrevue avec La Presse canadienne.

L'armée russe aurait notamment capturé des prêtres et des religieuses et bombardé des églises, en plus d'intimider des croyants.

De plus, M. Poutine forcerait les organisations religieuses de Crimée à se réinscrire à un registre, afin de mieux cibler les Tatars musulmans. Cette nouvelle mesure pourrait aussi être imposée aux communautés de l'est du pays, ce menacerait les chrétiens orthodoxes et les catholiques, a affirmé M. Bennett.

«Cela a déjà été utilisé par le passé comme une forme de persécution administrative», a-t-il expliqué.

M. Bennett croit que les Russes ciblent les églises orthodoxes du patriarcat de Kiev pour imposer celui de Moscou. Le gouvernement russe considère l'église orthodoxe ukrainienne comme une secte, selon lui.

«C'est définitivement un plan calculé. On tente de construire un nationalisme russe avec l'église orthodoxe (...) pour poursuivre les objectifs du gouvernement, a-t-il souligné. C'est arrivé plusieurs fois dans son histoire (...) L'église orthodoxe russe accepte d'être utilisée et l'État et les Russes le font pour satisfaire leurs intérêts», a-t-il ajouté.

Il dénonce en outre le double-discours de M. Poutine, qui a pris la défense de certaines minorités religieuses au Moyen-Orient.

«Nous devons tous le décrier (la persécution des religieux). Mais cela me semble peu sincère lorsqu'il le fait pour le Moyen-Orient, et que, d'un autre côté, ses troupes persécutent les autres chrétiens en Ukraine», a-t-il déploré.

L'ambassadeur n'a pas encore précisé à combien se chiffrerait l'aide canadienne. Le Bureau de la liberté de religion du Canada dispose d'un budget de seulement 4,25 millions de $.

Le premier ministre canadien Stephen Harper a été un des plus fervents critiques de Vladimir Poutine quant au conflit dans l'est de l'Ukraine, qui est devenu une priorité en politique étrangère canadienne. Le Canada abrite quelque 1,2 million d'immigrants ukrainiens.

M. Harper avait reçu récemment le président ukrainien Petro Porochenko à Ottawa. Le premier ministre avait déclaré que sa relation avec M. Porochenko était profonde et qu'elle dépassait les simples intérêts étrangers.

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