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Hong Kong: les manifestants divisés sur leur retrait de sites occupés

05/10/2014 10:22 EDT | Actualisé 05/10/2014 10:22 EDT
PEDRO UGARTE via Getty Images
People attend a pro-democracy classroom next to a barricade in the Causeway Bay district of Hong Kong on October 5, 2014. Hong Kong has been plunged into the worst political crisis since its 1997 handover as pro-democracy activists take over the streets following China's refusal to grant citizens full universal suffrage. AFP PHOTO/PEDRO UGARTE (Photo credit should read PEDRO UGARTE/AFP/Getty Images)

Les manifestants prodémocratie de Hong Kong étaient divisés sur leur retrait de sites stratégiques dimanche soir, quelques heures avant l'expiration d'un ultimatum gouvernemental, certains estimant n'avoir obtenu aucune concession sur leurs revendications.

Après en avoir "délibéré", les manifestants occupant depuis une semaine le quartier commerçant de Mong Kok, sur la partie continentale de Hong Kong, ont annoncé qu'ils allaient partir pour renforcer les lignes sur le principal site d'occupation à Admiralty, le quartier des ministères situé sur l'île, a indiqué la coalition Occupy Central sur son compte Twitter #OccupyHK.

Une artère majeure d'Admiralty, Lung Wo Road, va par ailleurs être rendue à la circulation pour permettre le retour au travail lundi de milliers d'employés après une semaine quasiment chômée en raison des manifestations et de deux jours fériés, a-t-elle ajouté.

Les organisations étudiantes ont ensuite pris leur distance avec cette annonce qui risquait de démobiliser alors que les rangs étaient nettement plus clairsemés que ces derniers jours. "Nous n'avons jamais appelé quiconque à se retirer" des sites occupés, a affirmé l'une de ces organisations, Scholarism, dans un communiqué.

Si, sur le terrain, certains manifestants pliaient bagage, d'autres s'y refusaient catégoriquement.

"Je reste ici", a ainsi déclaré à l'AFP Bosco Leung, un étudiant de 21 ans, à Mong Kok, où un millier de manifestants prodémocratie semblaient déterminés à poursuivre leur occupation dimanche soir.

"Certains disent que nous devons quitter Mong Kok et nous replier sur Admiralty, mais c'est peut-être simplement pour nous faire partir", s'interrogeait Sophia Kwong, 21 ans.

Ils étaient quelques milliers dimanche soir à Admiralty, selon des journalistes de l'AFP. Ivan Ha, étudiant en psychologie, dit avoir vu "des policiers transporter des sacs semblant contenir des tenues antiémeute à l'intérieur des bureaux du gouvernement". "Mais je vais rester", a-t-il assuré.

Le chef de l'exécutif local, Leung Chun-ying, dont les protestataires réclament la tête car ils le considèrent comme la marionnette de Pékin, avait dit la détermination des autorités "à prendre toutes les mesures nécessaires pour rétablir l'ordre public" et libérer les sites occupés.

Il faut permettre aux sept millions d'habitants "de reprendre une vie et une activité normales", a-t-il martelé sans toutefois explicitement menacer les manifestants de les déloger s'ils n'obtempéraient pas.

Pékin à boulets rouges sur les manifestants

Samedi, des dizaines de milliers de personnes s'étaient massées à Admiralty pour dénoncer les violences commises à leur encontre par des habitants excédés, auxquels se sont mêlés militants proPékin et hommes de main de la mafia chinoise, sur les sites de Mong Kok et de Causeway Bay, temple des grands magasins.

Des heurts sporadiques avaient de nouveau éclaté dans la nuit, principalement à Mong Kok, où les protestataires accusent des hommes de main des triades chinoises de les avoir attaqués.

Hong Kong, ancienne colonie britannique, traverse sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997.

Si la Chine a accepté d'instaurer le suffrage universel lors de la prochaine élection du chef de l'exécutif en 2017, elle entend conserver le contrôle des candidatures, une proposition inacceptable pour les manifestants qui sont descendus dans les rues par dizaines de milliers depuis le 28 septembre.

Pékin, qui craint la contagion démocratique, a à nouveau tiré à boulets rouges sur un mouvement "illégal" qui crée un "climat hostile".

Dans son discours, "C.Y.", comme est surnommé à Hong Kong le chef de l'exécutif, s'est dit spécialement préoccupé par la nécessité "d'assurer la sécurité du siège du gouvernement" qui doit retrouver un fonctionnement normal. "La tâche la plus pressante est de rouvrir les accès" aux bâtiments officiels lundi pour que les 3 000 employés "puissent retourner au travail et continuer à servir le public".

Il a également mis en garde contre les conséquences de la poursuite du mouvement: "La situation pourrait devenir incontrôlable, ce qui aurait de graves conséquences pour la sécurité du public et l'ordre public".

Les leaders étudiants avaient renoncé à dialoguer avec le gouvernement en raison du climat délétère. Puis ils ont indiqué que des discussions pourraient avoir lieu, à condition qu'une enquête soit ouverte sur les violences des derniers jours. Ils refusent en revanche tout dialogue avec le numéro un de l'exécutif.

Le gouvernement a réaffirmé dans un communiqué que "sa porte était toujours ouverte pour le dialogue", appelant en préalable à l'évacuation des abords du siège du pouvoir.

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