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Brésil: la présidente sortante affrontera Aecio Neves au second tour

05/10/2014 05:34 EDT | Actualisé 05/12/2014 05:12 EST

RIO DE JANEIRO - La présidente sortante du Brésil, Dilma Rousseff, affrontera son rival de centre-droit Aecio Neves au second tour de l'élection présidentielle, indiquent les résultats diffusés dimanche soir par les autorités électorales.

Après le dépouillement de plus de 99 pour cent des votes, Mme Rousseff, du Parti des travailleurs, récoltait 41,5 pour cent des voix, contre 33,6 pour cent pour son plus proche rival, Aecio Neves, du Parti de la social-démocratie, le principal parti de l'opposition.

Ces résultats confirment la défaite cuisante de l'autre principale rivale de Mme Rousseff, l'ex-ministre de l'Environnement Marina Silva, qui devançait largement M. Neves dans les intentions de vote il y a quatre semaines. Elle n'a récolté que 21 pour cent des votes.

La campagne agressive menée par Mme Rousseff et son parti semble avoir nui à la popularité de Mme Silva, entrée dans la course seulement à la mi-août après un accident d'avion qui a tué le candidat présidentiel choisi par le Parti socialiste.

Mme Silva n'a pas su résister au barrage d'attaques la présentant comme une indécise n'ayant pas la force de caractère nécessaire pour diriger le cinquième pays le plus peuplé du monde — un message martelé tant par Mme Rousseff que par M. Neves.

«Marina Silva a bien essayé, mais elle n'était pas en mesure de lancer son message de changement. Elle ne faisait que répondre aux attaques», a analysé Paulo Sotero, directeur de l'Institut du Brésil au Woodrow Wilson International Center for Scholars, à Washington.

Selon plusieurs experts, il s'agit de la campagne électorale la plus négative depuis le retour des élections démocratiques au Brésil il y a 30 ans.

«Nous avons déjà vécu des campagnes négatives, mais jamais à un tel niveau d'agressivité», a souligné M. Sotero.

Neves cause la surprise

Aecio Neves, un économiste de formation issu d'une importante lignée politique, est un ancien gouverneur du deuxième plus gros État du Brésil, le Minas Gerais. Il a quitté son poste en 2010 après deux mandats, avec un taux d'approbation de plus de 90 pour cent. Son grand-père, Tancredo Neves, a brièvement occupé le poste de président peu après la première élection démocratique ayant suivi la fin de la dictature.

Son parti, le Parti social-démocrate, a dirigé le pays de 1994 à 2002.

«La performance d'Aecio a été extraordinaire et l'une des raisons qui l'explique est cette structure très forte du parti qui était derrière lui. C'est un parti avec une présence importante dans le pays et qui a déjà occupé la présidence», a expliqué Carlos Pereira, un analyste politique au groupe de réflexion brésilien Gertulio Vargas.

«Il s'agit maintenant d'une nouvelle élection où tout est possible. Personne ne croyait aux chances d'Aecio et il s'en est pourtant sorti comme un candidat très fort», a-t-il ajouté.

La réputation de M. Neves a toutefois été durement éprouvée en juillet, lorsqu'un quotidien brésilien a allégué que son État avait dépensé 5,5 millions $ pour construire un aéroport sur un terrain appartenant à son oncle. L'ancien gouverneur avait nié les allégations dans un éditorial paru dans le même journal.

Le second tour de l'élection présidentielle brésilienne aura lieu le 26 octobre.

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