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Ukraine: la trêve est mise à rude épreuve à Donetsk, toujours sous les bombes

04/10/2014 12:59 EDT | Actualisé 04/12/2014 05:12 EST

DONETSK, Ukraine - À quoi ressemble le cessez-le-feu en vigueur depuis un mois à Donetsk, dans l'Est ukrainien? Neuf civils tués mercredi, un employé de la Croix-Rouge tué jeudi; des dizaines de personnes ont trouvé la mort depuis l'arrêt supposé des combats.

Jour après jour, des obus d'artillerie et des roquettes volent au-dessus des têtes. Plusieurs explosent dans des zones densément peuplées, alors que les rebelles combattent pour déloger les forces gouvernementales ukrainiennes installées dans l'aéroport, tout juste au nord de la ville.

Les bombardements se sont intensifiés cette semaine, alors que des obus ont touché des immeubles à logement, une école, un arrêt d'autobus, ainsi que le bureau de la Croix-Rouge. Les Nations unies et l'Union européenne ont fait part de leurs inquiétudes à propos des affrontements qui menacent de faire dérailler la fragile trêve en vigueur dans la plupart des autres régions de l'Est, depuis le 5 septembre.

Des négociateurs représentants la Russie, l'Ukraine, les rebelles prorusses et l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe ont tenté de consolider le cessez-le-feu avec un accord supplémentaire prévoyant la création d'une zone tampon exigeant de chaque camp qu'il recule ses pièces d'artillerie à 15 kilomètres des lignes de front.

Cette entente a permis de réduire les hostilités, mais les combats se sont poursuivis dans certains endroits stratégiques. Donetsk, qui comptait un million d'habitants avant le conflit, demeure le principal centre des combats.

Les rebelles n'ont pas donné signe de leur intention de retirer leurs forces de leur principal fief, et les troupes ukrainiennes se sont elles aussi montrées peu disposées à céder ce qu'elles considèrent comme un emplacement stratégique.

Pour l'Ukraine, l'aéroport est devenu le symbole de sa puissance militaire, et sa perte alimenterait certainement la gronde publique contre le président Petro Porochenko, qui a été critiqué pour avoir plié face à la Russie et avoir accepté une trêve. Une retraite de l'aéroport plongerait sans doute le leader ukrainien dans une situation difficile en prévision des élections parlementaires du 26 octobre, au cours desquelles il espère raffermir son emprise sur le pouvoir.

Plus de 3500 personnes ont été tuées dans les combats depuis l'éclatement de la mutinerie dans l'Est, en avril, après l'invasion et l'annexion de la Crimée par la Russie. Les forces ukrainiennes semblaient sur le point de l'emporter à la fin août, mais une contre-offensive rebelle a rapidement renversé la vapeur sur le terrain.

M. Porochenko a défendu la trêve et une récente loi accordant une vaste autonomie à l'Est, affirmant que le fait de s'appuyer uniquement sur la force militaire ne ferait que provoquer la Russie, qui enverrait alors d'autres troupes pour empêcher la défaite des rebelles.

Les combats pour l'aéroport et quelques autres zones se sont poursuivis, parce que le front est inégal, et que chaque camp désire le creuser à son avantage avant de retirer des forces.

Reconstruit et modernisé quelques années avant la guerre, l'aéroport compte désormais un terminal en verre et en acier tenant du tas de ruines, mais la piste de quatre kilomètres pourrait recevoir des avions cargo transportant des fournitures — un avantage potentiel pour la région qui, jusqu'à maintenant, s'appuie exclusivement sur des convois provenant de Russie.

Les rebelles ont tenté à plusieurs reprises de s'emparer de l'endroit. Ils ont encaissé une défaite particulièrement cinglante en mai, perdant des dizaines d'hommes alors que les troupes gouvernementales les bombardaient avec des avions de guerre, des hélicoptères de combat et de l'artillerie.

Les insurgés se sont depuis montrés plus prudents.

Certaines informations font état d'une possible sortie de crise via un échange de territoire entre les deux camps. Le gouverneur de la région de Donetsk, Serhiy Tarouta, a mentionné cette semaine que des représentants de Kiev et des rebelles envisageaient un compromis, en vertu duquel l'aéroport pourrait être échangé pour des zones sous contrôle rebelle.

Les deux parties ont cependant rapidement opposé un démenti.

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