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Famille, mariage, divorces: le pape ouvre un synode dans une ambiance tendue

04/10/2014 10:32 EDT | Actualisé 04/10/2014 10:33 EDT
GABRIEL BOUYS via Getty Images
Pope Francis leads a vigil prayer in preparation for the Synod on the Family on October 4, 2014 at St Peter's square at the Vatican. AFP PHOTO / GABRIEL BOUYS (Photo credit should read GABRIEL BOUYS/AFP/Getty Images)

Le pape Francois convoque dimanche au Vatican les archevêques du monde entier pour deux semaines de discussions qu'il désire «ouvertes» sur la réponse de l'Eglise aux défis de la famille, sur laquelle ils sont profondément divisés.

Samedi soir, place Saint-Pierre, des dizaines de milliers de catholiques, dont beaucoup de familles avec enfants, ont prié avec le pape argentin pour le succès du synode, en tenant allumées une multitude de bougies.

«Le mariage est l'icône de l'amour de Dieu» et aussi «un travail artisanal qui est celui de vos mains», a lancé Jorge Mario Bergoglio, faisant l'éloge de la famille traditionnelle, «école sans pareille d'humanité».

Solennellement, il a demandé aux évêques et aux cardinaux de savoir «prêter l'oreille» et «s'imprégner» des nouvelles réalités d'aujourd'hui.

Trois attitudes seront requises des participants pour aller vers un résultat positif du synode, qui peut, a-t-il dit, ouvrir la voie d'une «rénovation, sur l'exemple de Saint-François, de l'Église et de la société» : «le don de l'écoute», «la disponibilité à une confrontation sincère, ouverte et fraternellex, et la volonté de «garder le regard fixé sur Jésus».

Plusieurs témoignages de couples italiens ont parlé franchement des difficultés traversées: ainsi Nicola et Antonella, de Rome, parents de deux enfants, ont décrit devant le pape «une réalité oppressante», six années de séparation et la terrible culpabilité ressentie, puis la «résurrection» de leur mariage grâce à l'aide de groupes religieux.

Ce «synode extraordinaire» qui aura lieu jusqu'au 19 octobre a été fortement voulu par François. Depuis son élection en mars 2013, il a parlé de «blessures» causées par les divisions des familles, comparant l'état de l'Eglise «à un hôpital de campagne».

«Les blessures doivent être soignées avec miséricorde, l'Église est mère», et non «un bureau de douane» qui vérifie avec froideur qui est en règle, répète-t-il, en allusion aux nombreux divorcés, couples en union libre et mères célibataires.

Tous les cardinaux ne sont pas d'accord avec cette bienveillance et François affronte le premier test délicat de son pontificat.

C'est surtout la question des divorcés remariés qui suscite les plus fortes divisions, plusieurs cardinaux ayant prévenu qu'ils ne permettraient pas une trahison du dogme du sacrement du mariage indissoluble voulu par l'Église.

La question est de savoir si les divorcés remariés pourront être de nouveau autorisés à communier, alors qu'ils ont rompu un sacrement divin.

La tension avait commencé à monter pendant l'hiver avec un questionnaire envoyé à tous les diocèses.

Conclusions pas avant 2016

Le pape avait voulu qu'aucune des «nouvelles réalités» (cohabitation hors mariage, couples gays avec enfants, etc.) ne soit taboue, ce qui était très nouveau, mais sans signifier qu'il les approuvait. Les réponses ont révélé l'écart béant entre les recommandations de l'Eglise et les pratiques des fidèles.

La tension s'est accrue en février quand le pape a confié au cardinal théologien allemand Walter Kasper, connu pour son ouverture sur les divorcés remariés, la présentation des enjeux du synode.

Le 14 septembre, François avait célébré vingt mariages de couples dont plusieurs vivaient auparavant en union libre: un message clair de sa volonté d'"accueil cordial" quel que soit le chemin individuel parcouru.

François a reconnu qu'il devait «ramer» contre «les vents contraires». Un conflit, a-t-il relevé, ne peut être dépassé «par la fourberie» mais par «l'obéissance».

Ce synode dit «extraordinaire», du 5 au 19 octobre, sera suivi dans un an d'un autre synode «ordinaire», dont le pape pourra éventuellement tirer réformes ou infléchissements, mais pas avant 2016.

«Les gens ont beaucoup d'attentes mais devront attendre. Ce synode est le premier moment d'un parcours», a expliqué le secrétaire général du synode, le cardinal Lorenzo Baldisseri, proche du pape, en soulignant que les divorcés mariés n'étaient qu'un thème parmi d'autres, dont entre autres la polygamie ou les abus sexuels au sein de certaines familles.

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