NOUVELLES

Corée: le no 2 du régime de Pyongyang se rend en visite en Corée du Sud

04/10/2014 10:48 EDT | Actualisé 04/12/2014 05:12 EST

SÉOUL, Corée du Sud - Le présumé no 2 de la Corée du Nord et d'autres membres de l'appareil décisionnel de Pyongyang ont rencontré samedi des responsables sud-coréens dans le cadre des plus importantes discussions en face à face en cinq ans, une possible indication du fait que les deux camps désirent resserrer les liens après des mois d'animosité.

Il ne semble pas y avoir eu de percée majeure à la suite de cette rencontre survenue alors que la délégation du Nord effectuait une visite surprise à la clôture des Jeux asiatiques, dans la ville portuaire d'Incheon, en Corée du Sud. Mais les deux pays se sont entendus pour tenir une autre séance de discussions entre la fin octobre et la fin novembre, selon un communiqué sud-coréen. Les sujets précis ayant fait l'objet de discussions, samedi, n'ont pas été précisés.

Malgré tout, le seul fait que de hauts dirigeants nord-coréens eurent visité le Sud est important, permettant la tenue d'importants contacts entre les confidents du dictateur nord-coréen et de hauts responsables sud-coréens après une année où se sont échangées menaces et insultes entre les voisins divisés, et où ont eu lieu un nombre inhabituel de tests de missiles et de fusées nord-coréens.

Selon un analyste, il s'agit-là d'une «opportunité en or» pour la présidente sud-coréenne Park Geun-hye de tester la volonté de Pyongyang d'améliorer les relations politiques. Le communiqué de Séoul précise que Mme Park a mentionné son désir de rencontrer les dirigeants nord-coréens, mais que ces derniers manquaient de temps, puisqu'ils devaient assister à la cérémonie de clôture des Jeux samedi soir. Le premier ministre sud-coréen — un poste largement protocolaire, mais techniquement le no 2 du gouvernement — a rencontré la délégation plus tard samedi.

Les Nord-Coréens étaient dirigés par Hwang Pyong So, le plus important officier politique au sein de l'armée, et considéré par des analystes étrangers comme le no 2 du régime après le leader suprême, Kim Jong-un. M. Hwang est également vice-président de la puissante Commission de défense nationale, et vice-maréchal de l'armée. Celui-ci, entouré de ses conseillers, a tenu plus tôt une rencontre à huis clos avec le ministre sud-coréen de l'Unification Ryoo Kihl-jae et le directeur de la sécurité nationale Kim Kwan-jin.

La visite survient alors que les rumeurs abondent à Séoul à propos de la santé de Kim Jong-un, qui n'est pas apparu en public depuis le 3 septembre, et ne s'est pas présenté à un événement de haut vol auquel il participe habituellement. Un récent documentaire officiel présentait des images datant d'août où il était possible de le voir alors qu'il boitait, et où l'on mentionnait qu'il souffrait d'«inconfort».

Les visites d'importants dirigeants de la Corée du Nord se sont fait rares depuis que le prédécesseur conservateur de Mme Park, Lee Myung-bak, est arrivé au pouvoir au début 2008 en adoptant la ligne dure face à Pyongyang. Des attaques survenues en 2010, et imputées à la Corée du Nord, ont fait 50 morts chez les Sud-Coréens.

La dernière grande visite remonte à 2009.

En plus des tests de lancement d'environ 100 fusées et missiles effectués cette année par Pyongyang, les deux camps ont échangé de durs propos, alors que les médias d'État nord-coréens ont qualifié la présidente sud-coréenne de prostituée.

PLUS:pc