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Un groupe de soutien lance un avis de viols collectifs contre des prostitués

03/10/2014 11:57 EDT | Actualisé 03/12/2014 05:12 EST

ST. JOHN'S, T.-N.-L. - Un groupe de soutien a averti les travailleurs du sexe de la plus importante ville de Terre-Neuve-et-Labrador de plusieurs rapports de viols collectifs, alors que la police encourage les victimes à se manifester.

Le Safe Harbour Outreach Program (SHOP) soutient avoir pris la décision inhabituelle d'envoyer un avertissement public aux travailleurs du sexe de St-Jean en raison de la gravité des allégations d'agression sexuelle et leur nombre.

La coordinatrice du programme, Laura Winters, soutient que des travailleurs du sexe, autant des hommes que des femmes, sont approchés en ligne ou dans la rue et se rendent dans un hôtel en s'attendant à rencontrer une seule personne.

Selon Mme Winters, quand le travailleur arrive, il est forcé d'entrer dans une pièce où jusqu'à 20 hommes l'attendent.

«Vraiment, ce sont des cas de viols collectifs», a déclaré Mme Winters lors d'une entrevue téléphonique, vendredi.

«Nous espérons que les hommes impliqués voient cette nouvelle et comprennent que leurs agissements sont absolument inacceptables. Ces personnes méritent d'être respectées et d'être protégées comme tout le monde dans notre société.»

Mme Winters a ajouté que les travailleurs du sexe n'ont pas fait de plaintes auprès de la police, mais que les autorités policières ont contacté le programme après avoir vu l'avertissement sur le compte Twitter de SHOP et ont offert leurs ressources, si nécessaire.

La force constabulaire royale de Terre-Neuve-et-Labrador a dit qu'elle encourage les victimes à les contacter.

L'agent Steven Curnew affirme que leur priorité est la sécurité des femmes et des hommes et qu'ils ne seront pas accusés pour leur travail s'ils portent plainte.

«Nous traitons ce type de crimes très sérieusement, a dit M. Curnew. Même si ce sont des personnes qui travaillent dans l'industrie du sexe, nous sommes sensibles à leurs difficultés.

«Notre objectif n'est pas de porter des accusations contre (les travailleurs du sexe), mais plutôt de poursuivre en justice les personnes responsables de ces actes.»

Mme Winters a expliqué qu'il y a d'abord eu deux rapports d'agressions sexuelles, mais qu'elle avait depuis reçu les appels de plusieurs travailleurs du sexe ayant vécu une expérience similaire depuis l'affichage de l'avis.

«Une partie du problème est que les personnes ont l'impression qu'elles ne peuvent pas rapporter ce genre d'incidents à la police, a-t-elle expliqué. J'espère que si elles ont vécu ça, elles savent que (le Safe Harbour Outreach Program) est un endroit sécuritaire pour donner ce type d'information.»

Mme Winters a mentionné que certains pensent que les hommes font partie d'une équipe de construction travaillant sur un projet majeur dans la province. Elle a toutefois refusé de fournir plus de détails.

Elle a également indiqué qu'elle croit que les hommes impliqués se pensent intouchables.

«Ce ne sont pas des personnes jetables, a dit Mme Winters en parlant des travailleurs du sexe. Ce sont des membres de notre société qui méritent d'avoir les mêmes droits, le même respect et la même protection que tout le monde.»

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