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L'effet libéral sur l'économie est présent, affirme le ministre Jacques Daoust

03/10/2014 03:19 EDT | Actualisé 03/12/2014 05:12 EST

MONTRÉAL - Même si le gouvernement Couillard ratera sa cible de création d'emplois pour 2014, il est faux de prétendre que «l'effet libéral» promis en campagne électorale tarde à se refléter sur l'économie québécoise, croit le ministre de l'Économie, Jacques Daoust.

En marge d'une allocution prononcée devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), vendredi, le ministre Daoust a rejeté du revers de la main les critiques formulées par le député péquiste Pierre Karl Péladeau à cet effet.

«C'est sa perception à lui, s'est limité à dire M. Daoust. Si vous saviez ce qu'on a dans le moulin actuellement. Il s'en passe des choses.»

Le ministre de l'Économie a rappelé que le gouvernement Couillard avait déjà réussi à attirer dans la province la multinationale espagnole FerroAtlantica en plus d'avoir fait débloquer le projet de mine de diamants de la société Stornoway.

Candidat pressenti dans la course à la direction du Parti québécois, M. Péladeau a récemment effectué plusieurs sorties pour critiquer le gouvernement Couillard en lui reprochant de ne pas stimuler suffisamment l'économie.

De plus, le ministre des Finances, Carlos Leitao, qui prévoyait la création de 31 300 emplois au Québec durant l'année en cours, a reconnu que cette cible ne sera pas atteinte.

«Je laisse à M. Leitao cette responsabilité parce qu'il fait le budget, dit M. Daoust. J'ai parlé d'emplois (dans mon discours). Quand nous sommes capables d'attirer des investissements où l'on a des emplois de qualité, je suis content.»

Le ministre Daoust a également réfuté les critiques de M. Péladeau qui reproche au gouvernement libéral de ne travailler que sur les dépenses de l'État plutôt que sur les revenus, ce qui explique les compressions tous azimuts.

«Le seul côté où l'on peut être sûr pour équilibrer le budget ce sont les dépenses, comme les entreprises, a-t-il dit. La première (étape), c'est au niveau des dépenses.»

Selon M. Daoust, de plus en plus d'emplois de qualité se créent au Québec, notamment dans le secteur du jeu vidéo, et ce, en dépit de la baisse du crédit d'Impôt remboursable à la production multimédia, qui est passé de 37,5 pour cent à 30 pour cent.

«On peut toujours blâmer l'Univers mais si l'Univers l'utilise (le crédit d'impôt) c'est à cause de nous (au Québec)», a-t-il dit.

Il a rappelé que la situation actuelle n'a pas empêché la multinationale française Technicolor de décider d'agrandir son studio de Montréal, où travaillent déjà environ 300 personnes.

De plus, la «culture académique» procure un avantage à la province, croit M. Daoust, puisqu'elle est toujours en mesure de fournir une main-d'oeuvre «compétente» aux entreprises.

Rejoint au téléphone, le président de l'Alliance numérique et chef du studio de Jeux WB Montréal, Martin Carrier, a tempéré les propos du ministre Daoust en affirmant qu'il était trop tôt pour évaluer les conséquences de la baisse du crédit d'impôt.

«Nous avons mis 17 ans à bâtir une industrie au Québec, a-t-il rappelé. Ce n'est pas en quatre mois qu'on peut affirmer comprendre les impacts du dernier budget et dire que ça n'a rien affecté.»

M. Carrier n'a pas voulu dire si la décision du gouvernement Couillard avait déjà eu une influence négative sur certaines décisions dans l'industrie des jeux vidéo.

Il a également tenu à rappeler que le Québec n'était pas le seul endroit dans le monde à exceller en ce qui a trait à la formation de la main-d'oeuvre.

«La concurrence est mondiale, a-t-il rappelé. Des universités, ce n'est pas juste ici qu'il y en a. Ça existe ailleurs aussi», a-t-il dit.

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