DIVERTISSEMENT

L'album «Shenanigans» de Fire/Works : finement fabriqué (VIDÉO)

03/10/2014 11:12 EDT | Actualisé 04/10/2014 03:18 EDT

Le premier long jeu du duo Fire/Works, Grand Voyageur (2012) invitait à la rêverie. On disait de ce disque que les guitares portaient l’empreinte d’une journée d’automne longuement parcourue, d’un folk qui ne se laissera jamais épuiser. Eh bien, c’est tout aussi vrai pour le nouvel album de Fire/Works intitulé Shenanigans, à paraître le 7 octobre. Rencontre.

Fire/Works a étonné les spectateurs dans la plupart des salles que la formation a pu visiter au Québec ces deux dernières années. Un travail très prometteur. Seul bémol, David Lagacé et Jonathan Peters étaient très occupés sur scènes avec leurs instruments servant à fabriquer leur musique folk et nuageuse de Grand Voyageur, qui rappelait le travail de Chris Martin de Colplay ou encore de notre Patrick Watson national.

Cette fois-ci, la paire est devenue quatuor et a mis de côté le trop-plein d’effets du précédent disque pour rendre, sur Shenanigans, une douzaine de chansons riches et diversifiées, pas mal plus abouties.

« L’instrumentation du nouvel album est plus complète, je crois. On a travaillé beaucoup sur les arrangements et les textures, raconte Peters à la table d’un café de la rue Saint-Zotique. Les nouveaux membres, Francis Ledoux (batterie) et David Dupaul (claviers, basse) ont aussi collaboré à l’enregistrement de quelques tounes en studio. »

jonathan peters david lagace

« Pour le moment, leur arrivée se fera surtout sentir en spectacle. Ça va créer beaucoup plus de possibilités. On était un peu pris juste nous deux sur scène. »

Ledoux et Dupaul (qui jouent notamment avec Jesse Mac Cormack) sont à l’origine des amis de Peters et Lagacé. Ils deviendront, si tout va bien, des membres à part entière de la formation pour un éventuel troisième opus.

Liberté de control freaks

C’est au Studio Vox (Vincent Blain devait changer son nom) du quartier Mile-Ex, à Montréal, que Shenanigans a été enregistré. Durant deux semaines, à l’hiver, les deux musiciens ont concocté les instrumentations et les belles voix de l’album. « Ce sont des compositions (maquettes) que nous avons faites chacun de notre côté, explique Lagacé. Sans les avoir répétées ensemble auparavant, on a enregistré une pièce par jour. »

« C’est toujours la même manière de fonctionner (incluant E.P.1 et Grand Voyageur), renchérit Peters. On arrive avec un squelette de chanson et elle prend forme avec les arrangements en studio. On ne sait jamais réellement ce que l’on va faire avant ça. »

Ainsi, une très grande forme de liberté et de spontanéité imprègne la démarche créatrice de Fire/Works. Ensuite, leur tempérament de control freaks vient équilibrer les chansons en aval de la production, aux dires des gars.

« Je ne voudrais pas qu’un album soit sur le même thème ou la même track, dit Peters. Ce que je trouve intéressant, c’est de proposer douze chansons différentes. Mon but à atteindre serait de faire quelque chose comme The White album des Beatles. C’est super éclectique, mais la signature est forte. »

En ouverture, on passe d’une chanson au sujet passionnel (la très jolie pièce folk rock Underneath Your Skin) guidé par un rock doux pour ensuite entendre un morceau à l’atmosphère tout autre avec The Japanese One et ses voix féminines poétiques en chœur. Il en est de même avec la chanson suivante Ruins, Ruins, qui traite de guerre avec des arrangements plus « mordants » et une voix plus affirmée.

Ondes chaleureuses

Si on ajoute aux artistes mentionnés plus haut les Calexico, Fleet Foxes et Wilco, ou plus près de nous Feathership (dont le responsable du studio Vox, Vincent Blain, fait partie), on a une idée des couleurs très chaudes et enveloppantes de Shenanigans.

Après quelque 80 spectacles (dont des premières parties d’Half Moon Run, Groenland, Yann Perreau) offerts avec Grand Voyageur, Fire/Works semble fin prêt pour provoquer des flammèches au Canada, aux États-Unis et en Europe. Du moins, c’est un souhait chéri par les deux comparses fondateurs de Fire-Works.

Deux lancements de l’album sont au programme. À Montréal, le 6 octobre, Fire/Works proposera une courte prestation à la salle Claude-Jutra de la Cinémathèque québécoise (avec scénographie et projections visuelles signées par Côme Barrois du Little Lab). Formule 5 à 7.

À Québec, le groupe offrira un spectacle complet au Cercle, le 16 octobre, à 19 h.

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Fire/Works

Shenanignas

Folk

Coyote Records / album distribué par Universal

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