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Hong Kong: 19 personnes arrêtées lors d'affrontements

03/10/2014 07:39 EDT | Actualisé 03/12/2014 05:12 EST

HONG KONG - La police de Hong Kong a annoncé samedi avoir arrêté 19 personnes, dont certaines auraient possiblement des liens avec le crime organisé, après que des foules d'individus eurent tenté de faire fuir des manifestants prodémocratie.

Ceux-ci occupent les rues depuis une semaine dans le cadre d'une manifestation qui a généralement été pacifique.

Au moins 12 personnes et six policiers ont été blessés lors des affrontements, a fait savoir le commandant de district Kwok Pak-chung lors d'une conférence de presse convoquée peu avant l'aube.

Les leaders de la manifestation ont de leur côté annulé les discussions prévues avec le gouvernement en matière de réformes électorales après le début des affrontements, vendredi, dans le quartier ouvrier de Mong Kok, de l'autre côté du port Victoria, où se trouve le camp principal des protestataires.

La police a tenté pendant des heures de ramener le calme alors que les attaquants poussaient, bousculaient et huaient les manifestants prodémocratie. Les personnes arrêtées sont sous le coup d'accusations de rassemblement illégal, de rixe en public et d'agression, a dit M. Kwok, avant d'ajouter que huit hommes seraient liés aux triades.

De leur côté, les protestataires ont pressé les citoyens de se joindre à leur mouvement et ont demandé à la police de protéger leurs campements. La Fédération des étudiants de Hong Kong, l'un des groupes dirigeant les manifestations ayant rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes plus tôt cette semaine, a dit n'avoir d'autre choix que d'annuler le dialogue avec les autorités.

«Le gouvernement demande que les rues soient vides. Nous demandons à tous les habitants de Hong Kong de venir immédiatement protéger nos positions et de combattre jusqu'à la fin», a indiqué le groupe par voie de communiqué. Les étudiants ont aussi demandé à ce que le gouvernement poursuive les responsables des rixes de vendredi, les pires éclats de violence depuis l'utilisation, par la police, de gaz lacrymogène et de poivre de Cayenne la fin de semaine dernière pour tenter de disperser les étudiants.

Des centaines de personnes se trouvaient toujours dans les rues, tôt samedi, à Mong Kok, l'un des quartiers commerciaux les plus achalandés de la ville, après les heurts.

L'annulation des discussions laisse planer l'incertitude sur l'avenir du mouvement et les développements des prochains jours.

On ne sait pas jusqu'à quel point les attaques de vendredi étaient spontanées ou plutôt organisées, mais elles semblaient regrouper plusieurs résidants qui en ont assez des rues bloquées et des commerces fermés.

«Ça n'a rien à voir avec le fait que j'appuie ou non leur cause, a dit Donald Chan, un homme de 45 ans. Ça a à voir avec si ce qu'ils font est légal ou non. C'est illégal et ça a plongé la ville dans le chaos.»

Le porte-parole de la police de Hong Kong, Steve Hui, a demandé au public «de respecter les lois de Hong Kong au moment d'exprimer leur opinion».

La colère s'est manifestée à Hong Kong après que les autorités chinoises ont annoncé que toutes les candidatures en vue des premières élections directes prévues en 2017 seraient soumises à l'approbation d'un comité pro-Pékin. Les manifestants refusent de telles restrictions et accusent la Chine de renier sa promesse de permettre l'élection du prochain leader au «suffrage universel».

Ces manifestations représentent la plus importante contestation de l'autorité de Pékin depuis que la Chine a pris le contrôle de l'ancien territoire britannique en 1997.

La principale fonctionnaire hongkongaise, la secrétaire en chef Carrie Lam, a dit vendredi qu'elle avait commencé à organiser des pourparlers avec les manifestants, avant qu'ils ne soient annulés.

«Je suis en effet très préoccupée par les affrontements dans les rues, a-t-elle dit. Les émotions sont au vif et il y a un risque de conflit dans les rues. Alors je demande aux manifestants qui occupent des secteurs du territoire d'envisager de se retirer (...) pour que la police puisse rétablir la loi et l'ordre.»

Un nouvel éditorial publié vendredi par le quotidien People's Daily, le porte-voix des dirigeants communistes de Pékin, a de nouveau prévenu qu'il est hors de question de revenir sur la décision annoncée en août. Le texte accuse un petit groupe de manifestants de chercher à «pirater le système» et répète qu'il n'y a «aucune place pour les concessions» quant au processus de choix des candidats.

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