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La Turquie participera aux frappes contre le groupe armé État islamique

02/10/2014 04:09 EDT | Actualisé 01/12/2014 05:12 EST

ANKARA, Turquie - Le Parlement turc a adopté, jeudi, une motion qui accorde au gouvernement le pouvoir de lancer des frappes militaires contre le groupe armé État islamique (ÉI) en Irak et en Syrie, et qui autorise les forces étrangères à utiliser le territoire turc dans le cadre des opérations contre le groupe.

Le Parlement a adopté cette motion par 298 votes contre 98.

La motion fournit un encadrement juridique à toute intervention militaire turque, ainsi que pour l'utilisation éventuelle de bases turques par des forces étrangères.

Le Parlement turc avait précédemment autorisé la tenue d'opérations en Irak et en Syrie pour combattre des séparatistes kurdes ou encore pour répondre aux menaces du régime syrien.

La motion adoptée jeudi élargit ces pouvoirs pour s'attaquer à la menace des djihadistes de l'ÉI qui contrôlent de vastes territoires en Irak et en Syrie, dont certains sont limitrophes de la Turquie.

Le ministre turc de la Défense, Ismet Yilmaz, a toutefois prévenu de ne pas attendre de mesures immédiates. «La motion prépare le terrain, sur le plan juridique, pour de possibles interventions, mais il est encore trop tôt pour dire quelle forme ces dernières pourront prendre», a mentionné Dogu Ergil, professeur de science politique et chroniqueur dans un journal turc.

Un analyste a par contre expliqué que la motion pourrait permettre à des combattants kurdes de traverser la Turquie pour se rendre en Syrie, en renfort aux forces kurdes dans ce pays, ou encore le déploiement de drones de la coalition internationale qui lutte contre le groupe État islamique.

Sur le terrain, les intégristes ont accru la pression sur une ville kurde assiégée à la frontière entre la Syrie et la Turquie. Cet assaut, qui a provoqué la fuite d'environ 160 000 personnes à travers la frontière au cours des derniers jours, a poussé les miliciens kurdes à mettre toutes leurs forces dans la bataille pour repousser les combattants de l'ÉI qui avancent dans les faubourgs de la ville de Kobani.

Ismet Sheikh Hasan, un haut gradé des forces kurdes, a fait savoir que celles-ci se préparaient à des combats urbains à Kobani dans une tentative désespérée de repousser les intégristes. «Ils ne sont pas encore entrés dans Kobani, mais nous nous préparons», a-t-il dit.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, les djihadistes se trouvent à quelques mètres seulement de Kobani du côté est et sud-est. Au sud, les forces kurdes maintiennent toujours une zone tampon d'environ 1,5 kilomètre.

L'Observatoire craint d'ailleurs que les obscurantistes n'entrent dans la ville et ne «massacrent les civils toujours présents dans Kobani».

En Turquie, le président Recep Tayyip Erdogan a appelé à la création d'une zone tampon en Syrie, de même qu'à la mise en place d'une zone d'interdiction de vol afin de protéger la frontière turque et de ralentir l'afflux de réfugiés.

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