NOUVELLES

Hong Kong: Leung Chun-ying refuse de démissionner

02/10/2014 04:56 EDT | Actualisé 01/12/2014 05:12 EST

HONG KONG - Le chef de l'exécutif de Hong Kong, Leung Chun-ying, a prévenu jeudi qu'il n'entend pas céder aux demandes des manifestants et qu'il demeurera en poste.

Il a toutefois demandé à la fonctionnaire en chef de la ville d'entamer le dialogue avec les manifestants.

La secrétaire en chef de Hong Kong, Carrie Lam, a indiqué qu'elle tentera d'organiser une rencontre avec les leaders étudiants dans les plus brefs délais.

«J'espère que les deux camps seront satisfaits, a-t-elle dit. Les étudiants réclament une rencontre publique mais j'espère qu'il y aura un peu de flexibilité pour discuter des détails.»

Les directeurs de deux grandes universités dont les étudiants sont descendus dans les rues avaient précédemment lancé un appel au calme.

La tension ne cesse d'augmenter dans la rue, notamment devant le siège du gouvernement où les militants pro-démocratie ont préparé masques et lunettes de sécurité pendant que les policiers faisaient des provisions de gaz lacrymogènes et d'autres équipements anti-émeutes.

Les autorités policières ont prévenu les manifestants pro-démocratie qu'ils s'exposeront à de graves conséquences s'ils entourent ou occupent des édifices gouvernementaux.

Mercredi, les leaders étudiants des manifestations ont prévenu qu'ils accentueront leurs moyens de pression, notamment en occupant des édifices gouvernementaux importants, si le chef de l'exécutif n'est pas relevé de ses fonctions avant minuit, jeudi.

Ces manifestations représentent la plus importante contestation de l'autorité de Pékin depuis que la Chine a pris le contrôle de l'ancient territoire britannique en 1997, et autant les autorités chinoises que les étudiants semblent commencer à perdre patience après une semaine d'impasse.

«Ça s'est transformé en partie de poker aux enjeux très élevés, a dit le politologue Willy Lam, de l'Université chinoise de Hong Kong. Il va falloir qu'il finisse par y avoir un déblocage parce que la pression monte sur les deux camps d'en venir à un compromis.»

Un quotidien chinois qui reflète la position officielle du Parti communiste, le People's Daily, a prévenu jeudi que le «chaos» menace Hong Kong et a offert un appui solide à M. Leung face aux manifestants, qui sont regroupés au sein d'un mouvement difforme dirigé par des étudiants universitaires.

En fin d'après-midi jeudi, des centaines de jeunes manifestants se sont rassemblés devant le siège du gouvernement hongkongais. Plusieurs portaient des masques, des lunettes de protection, des masques à gaz, des imperméables ou encore des parapluies, dans l'éventualité où les policiers décideraient de tirer des gaz lacrymogènes ou de lancer du poivre de Cayenne, comme ils l'ont fait le week-end dernier.

«On ne peut pas rester assis ici pour toujours parce que nous n'obtiendrons pas ce que nous voulons, a dit un étudiant de 21 ans, Maness Ko. Nous espérons recevoir bientôt des instructions claires au lieu de simplement rester assis ici sans but.»

La colère s'est manifestée à Hong Kong après que les autorités chinoises aient annoncé que toutes les candidatures en vue des premières élections directes prévues en 2017 seraient soumises à l'approbation d'un comité pro-Pékin. Les manifestants refusent de telles restrictions et accusent la Chine de renier sa promesse de permettre l'élection du prochain leader au «suffrage universel».

Le porte-parole de la police de Hong Kong, Steve Hui, a dit aux journalistes que les autorités ne toléreront pas que des édifices gouvernementaux soient occupés ou bloqués, et que de tels gestes entraîneraient des «conséquences graves».

«Nous ne voulons pas que (Leung Chun-ying) viennent discuter avec nous. Nous demandons sa démission, a dit une autre universitaire de 21 ans, May Tang. Son gouvernement n'a plus la confiance du peuple et nous en voulons un nouveau.»

Dans son éditorial, le People's Daily lance jeudi que «le gouvernement central fait pleinement confiance au chef de l'exécutif Leung Chun-ying et est très satisfait de son travail». Il offre aussi son appui à la police de Hong Kong — qui a été dénoncée pour son recours au gaz lacrymogène et au poivre de Cayenne — «pour répondre aux gestes illégaux en respect avec la loi».

Le texte ajoute que la loi doit être respectée pour assurer le développement de la démocratie et de la politique à Hong Kong.

Ces commentaires pourraient démontrer que Pékin commence à craindre de voir le contrôle de la situation échapper à M. Leung. Il est toutefois très difficile de discerner les intentions réelles du Parti communiste chinois.

Par ailleurs, une firme américaine de sécurité informatique a prévenu que des applications utilisées par les manifestants pour communiquer entre eux sont possiblement épiées par les autorités chinoises. La firme Lacoon dit avoir identifié au moins deux applications frauduleuses qui donnent accès au bottin et aux appels d'un téléphone intelligent, ainsi qu'à d'autres informations stockées sur l'appareil. Lacoon affirme que la programmation sophistiquée des applications démontre l'implication d'un gouvernement.

Enfin, des Philippins ont manifesté jeudi pour témoigner de leur solidarité envers les étudiants hongkongais. Une cinquantaine de personnes ont défilé devant le consulat chinois, à Manille. Les relations entre les Philippines et la Chine sont tendues, notamment en raison des ambitions territoriales du mastodonte asiatique en mer de Chine méridionale.

PLUS:pc