POLITIQUE

Guerre contre l'État islamique : une intervention canadienne dans l'air

02/10/2014 05:54 EDT | Actualisé 02/10/2014 05:57 EDT
Anadolu Agency via Getty Images
KIRKUK, EGYPT - FEBRUARY 13: The members of Islamic State of Iraq and the Levant (ISIL) lay siege to the Tuzhurmatu district in Kirkuk, Iraq on February 13, 2014. (Photo by Stringer/Anadolu Agency/Getty Images)

Même si le gouvernement Harper maintient qu'aucune décision n'a été prise, un signe montre que la Défense nationale se prépare à l'éventualité de frappes aériennes en Irak contre le groupe armé État islamique (EI). Des sources confirment qu'une décision pourrait être annoncée ce vendredi.

Un texte de Marc Godbout

Radio-Canada a appris que deux avions ravitailleurs CC-150 de l'armée ont été envoyés à l'entretien en prévision d'un déploiement. Ce sont ces appareils qui permettent d'approvisionner en carburant les CF-18 en plein vol.

Aujourd'hui encore à la Chambre des communes, le premier ministre a fait face aux tirs groupés de l'opposition, le sommant de clarifier ses intentions.

Stephen Harper a répondu que son gouvernement n'avait pas encore pris de décision concernant une éventuelle mission de combat en Irak. ll a toutefois écarté l'idée d'un déploiement « à grande échelle » de troupes au sol et a confirmé qu'il y aurait un débat au Parlement au sujet de la stratégie canadienne de lutte contre l'EI.

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Pour une décision aussi importante et qui pourrait avoir de lourdes conséquences, M. Harper a tenu à faire entendre la voix de son caucus. Si certains se réfugient dans le silence, d'autres, nombreux, souhaitent l'envoi d'avions de chasse pour traquer les terroristes de l'EI.

Le député beauceron Maxime Bernier est de ceux qui préconisent un déploiement militaire canadien. « Je pense qu'il est dans l'intérêt des Canadiens et de la communauté internationale que le Canada fasse partie de la coalition », a-t-il répondu lorsqu'on lui a demandé s'il était en faveur d'une intervention plus musclée.

Le nerf de la guerre

Mais au-delà de la volonté d'intervenir ou pas, il y a la question de l'argent, le nerf de la guerre. Le gouvernement semble réticent à débloquer des sommes supplémentaires pour une mission en Irak.

Et il est difficile d'envisager une telle action avec le budget actuel, estime Tony Battista, directeur général de la Conférence des associations de la défense. « Je ne crois pas qu'on pourrait soutenir, avec le budget qu'on a, ce genre de mission », a-t-il souligné.

La Défense nationale, qui a subi des coupes de près de 3 milliards de dollars depuis 2011, aura du mal à composer avec ce genre de déploiement.

Pour un seul CF-18, une heure de vol coûte au gouvernement au moins 12 000 $. C'est aussi le prix minimum d'un seul missile.

La dernière mission canadienne impliquant des frappes aériennes, en Libye, devait initialement coûter 60 millions de dollars. La facture a finalement grimpé à 100 millions.

Dans le cas libyen, la Défense nationale a dû absorber la facture à même ses budgets opérationnels, sans enveloppe spéciale du gouvernement.

Pourtant, « en 2008, le gouvernement conservateur avait promis que toute intervention internationale serait payée à même un budget spécial », rappelle Jean-Christophe Boucher, professeur en sciences politiques à l'Université MacEwan.

Sans enveloppe spéciale du gouvernement, la grogne pourrait revenir au sein de l'état-major. « Une mission en Irak augmenterait cette pression-là, voire mettrait la défense nationale dans une situation critique », analyse M. Boucher.

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