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Hong Kong: les manifestants prodémocratie se rassemblent en masse (VIDÉO)

01/10/2014 06:49 EDT | Actualisé 01/10/2014 06:49 EDT

Des foules immenses de manifestants intraitables sur leurs exigences de libertés politiques se sont rassemblées à Hong Kong mercredi, déterminées à faire des célébrations marquant la création de la Chine communiste une démonstration de leur puissance de mobilisation.

Alors que les hauts responsables chinois et hongkongais sabraient le champagne pour marquer le 65e anniversaire de la victoire des communistes sur les nationalistes et la proclamation de la République populaire de Chine en 1949, les manifestants se massaient dans les rues.

Dimanche, la campagne de désobéissance civile qui couvait depuis plusieurs semaines dans l'ancienne colonie britannique s'est brutalement intensifiée, provoquant la plus grave crise politique depuis la rétrocession de Hong Kong à la Chine en 1997.

Et les protestataires, qui réclament par dizaines de milliers l'instauration du suffrage universel plein et entier, commencent à recevoir le soutien de l'étranger, avec un rassemblement à Auckland et un autre prévu à Taïwan.

A 08H00, tandis que le drapeau chinois et le drapeau hongkongais étaient hissés sur la place Golden Bauhinia, dans le quartier central de Wanchai, les chants des manifestants étaient clairement audibles. La foule a poussé des cris de désapprobation au passage de deux hélicoptères traînant derrière eux une grande bannière chinoise et un drapeau hongkongais plus petit.

Le chef de l'exécutif local, Leung Chun-ying, n'a pas fait explicitement allusion au mouvement prodémocratie dans le discours qu'il a prononcé à l'issue de la cérémonie. Il a appelé au contraire à la coopération avec la Chine.

- Le 'rêve chinois' doit 'devenir réalité' -

"Le développement de Hong Kong et celui du continent (la Chine, NDLR) sont étroitement liés. Nous devons travailler main dans la main pour que le rêve chinois devienne réalité", a lancé M. Leung, dont les manifestants réclament la tête car ils lui reprochent sa proximité avec Pékin.

"Il est compréhensible que des personnes différentes aient des perceptions différentes des réformes souhaitables, mais il est clairement préférable d'avoir un suffrage universel que de ne pas l'avoir", a-t-il dit, avant de lever son verre en l'honneur de Zhang Xiaoming, le représentant de Pékin à Hong Kong.

Le calme régnait parmi la foule nombreuse en dépit des appels de certains à forcer les cordons de police érigés à proximité de la place Golden Bauhinia.

Le député prodémocratie Leung Kwok-hung, connu sous le sobriquet de "Longs cheveux", a été escorté hors de la cérémonie pour avoir crié que Hong Kong voulait de "vrais élections" et "Leung Chun-ying, démission!".

Les manifestants sont vent debout contre la décision de la Chine, annoncée en août, d'accorder le suffrage universel pour l'élection du chef de l'exécutif en 2017 tout en gardant le contrôle des candidatures, en violation, selon eux, des engagements de Pékin lors de la rétrocession de 1997 après 150 ans de présence britannique.

- Pour un 'système plus juste' -

Les militants de la "révolution des parapluies" comme les réseaux sociaux ont baptisé le mouvement, étaient plus nombreux que les jours précédents aux mêmes heures. De nombreux Hongkongais ne sont pas au travail en raison de la fête nationale chinoise et jeudi est également férié. Les organisateurs espèrent pour cette raison que les manifestations seront encore plus massives que ces derniers jours.

"Je pense que ce mouvement de désobéissance civile se poursuivra" à moins que M. Leung ne "fasse une proposition de dialogue sérieux", a jugé Edward Chun, gestionnaire de fonds spéculatifs et responsable de la section financière et bancaire d'Occupy Central, la principale coalition prodémocratie. "Bien sûr que le peuple de Hong Kong doit travailler avec Pékin mais ils ne peuvent pas contraindre Hong Kong à une démocratie fallacieuse. On n'est pas au Tibet ni au Xinjiang", régions chinoises en proie à des troubles, a-t-il dit.

Au bord des larmes, Chan Ki-man, cofondateur d'Occupy, s'est excusé pour les perturbations mais appelé à la tolérance. "Avec des désagréments à court terme, nous espérons obtenir un système plus juste".

Les manifestants paralysent depuis plusieurs jours une grande partie de Hong Kong, réputée être un havre du capitalisme financier international. Leung Chun-ying avait appelé mardi Occupy Central à mettre fin sans délai au mouvement et permettre à la ville de retrouver un fonctionnement normal.

Sans surprise, la Chine, dont nul observateur ne pense qu'elle infléchira sa position, a apporté un soutien univoque à Leung Chun-ying. Selon des associations de défense des droits de l'Homme, les autorités chinoises ont arrêté une dizaine de personnes pour avoir exprimé leur soutien aux manifestants hongkongais.

Pékin a également mis en garde contre toute tentation du monde extérieur de se mêler des affaires de Hong Kong.

En attendant, Washington a fait savoir que le sujet ferait partie des discussions prévues mercredi au département d'Etat entre le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, et son homologue chinois, Wang Yi. Washington est engagé en Asie dans une guerre d'influence commerciale, politique et diplomatique face à Pékin.

Manifestants à Hong Kong

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