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Manifestation contre un projet de stockage de gaz naturel en Nouvelle-Écosse

01/10/2014 03:10 EDT | Actualisé 01/12/2014 05:12 EST

STEWIACKE, N.-É. - Des Micmacs et des résidents d'une petite municipalité rurale ont entrepris cette semaine de ralentir la circulation sur une route de la Nouvelle-Écosse pour manifester contre la construction d'une installation de stockage de gaz naturel près d'Alton.

L'organisatrice micmaque Cheryl Maloney a précisé mercredi, dans une entrevue téléphonique, qu'une centaine de personnes s'étaient rassemblées sur la route 102 pour distribuer des dépliants dans le cadre d'une manifestation pacifique. Certains des manifestants brandissaient des pancartes, alors que la police dirigeait la circulation dans ce secteur près de Stewiacke, à une soixantaine de kilomètres au nord de Halifax.

Mme Maloney a expliqué que les Premières Nations voulaient bloquer le projet de 100 millions $ parce qu'il n'y a pas eu suffisamment de consultations avec les résidents autochtones et non autochtones.

«Les gens de Nouvelle-Écosse — et même les riverains du site — ne sont tout simplement pas au courant de ce qui se passe», a expliqué Mme Maloney. «Nous demandons une injonction, et souhaitons que les gens se lèvent et puissent dire: "nous ne voulons pas que notre écosystème soit détruit".»

L'entreprise Alton Natural Gas Storage, filiale d'AltaGas, de Calgary, veut stocker du gaz naturel dans trois mines de sel, à environ 1000 mètres sous terre, un procédé utilisé ailleurs au pays depuis les années 1960, plaide-t-on. L'entreprise compte forer dans des formations de sel et pomper de l'eau de la rivière Shubenacadie, à proximité, pour dissoudre le sel, et ensuite réinjecter l'eau de saumure dans le réseau hydrographique de la région. Le stockage de gaz naturel à Alton permettrait de stabiliser l'approvisionnement en Nouvelle-Écosse, mais ce gaz pourra aussi être exporté vers le nord-est des États-Unis par l'entremise d'un gazoduc qui passe tout près de là.

Sur son site internet, l'entreprise écrit que les forages ont débuté le mois dernier dans une première mine de sel. Le président d'Alton, David Birkett, indique dans un communiqué que l'entreprise a été en contact permanent avec les Micmacs depuis huit ans, comme l'exigeait le processus d'évaluation environnementale, et qu'il est toujours disponible pour de nouvelles rencontres.

Le ministère provincial de l'Environnement a indiqué de son côté qu'il poursuit toujours le dialogue avec les chefs du Conseil des autochtones de Nouvelle-Écosse, et que la compagnie doit encore obtenir les permis des ministères de l'Agriculture, des Ressources naturelles et de l'Environnement avant de pouvoir disposer d'un bassin de saumure.

Alton soutient aussi qu'elle a élaboré des mesures d'atténuation afin de protéger les poissons des rivières, mais Mme Maloney croit que cela ne sera pas suffisant pour sauver les stocks de bars d'Amérique (loups de mer), une espèce menacée.

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