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Les Innus veulent une compensation d'IOC - Rio Tinto pour l'exploitation du fer

01/10/2014 12:26 EDT | Actualisé 01/12/2014 05:12 EST

MONTRÉAL - Les Innus de Maliotenam et de Schefferville, sur la Côte-Nord, promettent de prendre tous les moyens nécessaires pour que la minière IOC - Rio Tinto les compense pour l'exploitation du minerai de fer sur leur territoire depuis 1954.

Le chef Réal McKenzie, des Innus de Schefferville (Matimekush-Lac John), n'a pas écarté la possibilité de se rendre jusqu'à la désobéissance civile si l'entreprise refuse d'entendre raison.

«Le peuple, quand il soulève son mécontentement, ça pourrait aller jusque-là. (...) Le peuple va se soulever, va se faire entendre et régler par les moyens qu'il prendra. Et ça pourrait être très sérieux», a-t-il laissé tomber en conférence de presse devant les bureaux de la société IOC - Rio Tinto à Montréal, mercredi.

Le chef McKenzie ainsi que son homonyme, Mike McKenzie, chef de Uashat mak Mani-utenam (Maliotenam), étaient venus porter symboliquement devant les bureaux de l'entreprise deux immenses pierres de minerai de fer qui leur avaient été données par Pierre Elliott Trudeau en 1970 pour souligner le centenaire de la découverte du minerai de fer dans la Fosse du Labrador, désormais surnommées «les pierres de la honte».

«Chaque coup de pelle qui s'est donné sur le territoire, c'est comme un coup de pelle qui s'est donné dans nos coeurs», a imagé l'auteur-compositeur-interprète Florent Vollant, présent à la conférence de presse, soulignant que ses parents avaient vécu de la chasse et de la pêche jusqu'à ce que les minières s'invitent chez eux.

«Quand ces compagnies sont arrivées sur le territoire, notre mode de vie est devenu illégal. Nous sommes devenus, nous, le peuple innu, des hors-la-loi. Nous n'avions ni le droit de chasse, ni le droit de pêche, ni le droit de circuler sur notre territoire», a déclaré Florent Vollant.

Les Innus, qui ont obtenu de la Cour supérieure du Québec le droit de poursuivre la compagnie, soulignent que IOC - Rio Tinto est la seule entreprise minière délinquante à ce jour.

«LIM (Labrador Iron Mines), Tata Steel, ArcelorMittal, Cliff, ils ont tous réglé avec nous, mais pas IOC», a déploré le chef Réal McKenzie, rappelant que celle-ci fut la première à exploiter le minerai.

La poursuite s'élève à 900 millions $ et vise non seulement à obtenir compensation mais aussi des dommages et intérêts pour les torts causés au territoire.

«Il y a 18 trous abandonnés par le compagnie minière IOC en 1982. On a lancé l'exploitation en 1954 pour fermer la ville de Schefferville en 1982», a dit Réal McKenzie.

Les chefs sont ensuite allés porter — en privé — une lettre au président de IOC - Rio Tinto, lui demandant de s'asseoir et de discuter avec eux, ce que la compagnie aurait refusé de faire jusqu'ici.

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