POLITIQUE

Le débat sur les superpétroliers fait tache d'huile au Parlement

01/10/2014 08:22 EDT | Actualisé 01/10/2014 08:58 EDT
Shutterstock / Calin Tatu

QUÉBEC - Le passage du superpétrolier Minerva Gloria dans le fleuve Saint-Laurent la semaine dernière a laissé dans son sillage plus de questions que de réponses à l'Assemblée nationale.

Le Minerva Gloria était le premier de plusieurs superpétroliers qui transporteront du pétrole issu des sables bitumineux de l'Alberta vers des destinations outre-mer. D'une taille de 250 mètres de long, le bateau peut contenir des dizaines de milliers de tonnes de pétroles.

Toutefois, plusieurs reportages ont souligné que les municipalités riveraines du fleuve Saint-Laurent sont rarement équipées pour faire face à un déversement de pétrole sur leurs berges.

Interpellé sur la question, le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, refuse d'exiger des municipalités qu'elles se dotent de l'équipement nécessaire, telles que des estacades. «Je me verrais mal, comme ministre des Affaires municipales, d'imposer dans un plan d'urgence à une municipalité l'obligation d'avoir un équipement pour un éventuel déversement pétrolier», dit-il.

«Elles n'ont pas les moyens de s'équiper pour des déversements qui sont épisodiques; heureusement, on ne veut pas en avoir à tous les jours», a ajouté le ministre. Pierre Moreau affirme que la responsabilité relève plutôt des ministères de la Sécurité publique et de l'Environnement.

À la Sécurité publique, on explique que le rôle du ministère est de venir en soutien aux intervenants de première ligne, notamment en procédant aux évacuations et en coordonnant les services de premiers soins.

Du côté de l'Environnement, le ministre David Heurtel a refusé de répondre aux questions mercredi. Le ministre s'est adressé à la presse brièvement pour se prononcer sur le dossier de Cacouna, sans prendre de questions. Les demandes d'entrevue sur la question en fin de journée sont restées sans réponse.

Stratégie maritime

Pour sa part, le premier ministre Philippe Couillard a affirmé que la question serait adressée dans la Stratégie maritime que son gouvernement souhaite mettre en place.

Le ministre responsable de l'Implantation de la stratégie maritime, Jean D'Amour, évoque plusieurs scénarios. Le gouvernement étudie notamment la possibilité de créer une cale sèche à Cacouna pour remorquer les bateaux de grande dimension victimes d'un bris mécanique. Pour le moment, ces bateaux doivent être remorqués jusqu'à Halifax.

Ce projet pourrait aller de l'avant même si celui de TransCanada dans la région devait être annulé.

«J'ai déjà à mon agenda des rencontres prévues avec des promoteurs potentiels qui pourraient s'intéresser à Cacouna, dit Jean D'Amour. Je suis d'avis que c'est un outil dont on a besoin.»

Le gouvernement pourrait également mettre en place des centres d'intervention aux Îles-de-la-Madeleine et à Québec afin d'intervenir plus rapidement en cas de déversement. Aucun scénario n'est toutefois arrêté. «On réfléchit à toutes les options qui s'offrent à nous», dit Jean D'Amour.

Il ne fait que passer

En Chambre, le chef intérimaire du Parti Québécois, Stéphane Bédard, a talonné le premier ministre sur ce pétrole albertain qui ne fait que transiter par le Québec. Selon M. Bédard, le fleuve Saint-Laurent deviendra ainsi le «camion-citerne de l'Alberta».

Le premier ministre a toutefois causé la surprise en révélant que le gouvernement Marois a autorisé la compagnie Kildair à effectuer l'entreposage et l'expédition du pétrole brut en provenance de l'Alberta.

«En aucun temps, le gouvernement du Parti québécois n'a autorisé l'exportation de pétrole», a répliqué Stéphane Bédard.

Selon Radio-Canada, un document du ministère de l'Environnement prouve que le gouvernement Marois a bel et bien autorisé le transport de pétrole albertain sur le fleuve Saint-Laurent. Toutefois, la destination n'était pas identifiée dans le document.

Le document précise par contre que le transport maritime de pétrole comporte des risques environnementaux.

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