NOUVELLES

Hong Kong: menace des manifestants s'il y a maintien en poste de Leung Chun-ying

01/10/2014 06:48 EDT | Actualisé 01/12/2014 05:12 EST

HONG KONG - Les leaders étudiants des manifestations pro-démocratie de Hong Kong ont prévenu mercredi qu'ils accentueront leurs moyens de pression, notamment en occupant des édifices gouvernementaux importants, si le chef de l'exécutif Leung Chun-ying n'est pas relevé de ses fonctions d'ici jeudi.

En haussant ainsi le ton, les manifestants risquent de nouveaux affrontements avec des policiers qui ne toléreront probablement pas que des édifices gouvernementaux soient envahis.

Cela ajoute aussi de la pression sur le gouvernement chinois, qui s'est fait discret jusqu'à présent pour laisser M. Leung gérer la crise.

Les médias chinois indiquent toutefois que le gouvernement central commence à perdre patience face aux manifestations et ont demandé une intervention décisive pour y mettre fin. Un éditorial lu sur les ondes de CCTV prévient ainsi que tous les résidants de Hong Kong doivent appuyer les autorités pour «un déploiement décisif des forces de l'ordre (et) rétablir l'ordre social à Hong Kong dès que possible».

Le porte-parole des étudiants, Lester Shum, a déclaré mercredi en conférence de presse que les représentants des protestataires seraient disposés à des entretiens avec des vis-à-vis du gouvernement central de la Chine, mais pas avec Leung Chun-ying.

«Mais nous leur demandons de venir sur la place pour s'adresser aux masses, a-t-il dit. C'est un mouvement de Hongkongais qui n'est pas dirigé par un groupe spécifique.»

Lester Shum est le vice-secrétaire de la Fédération des étudiants de Hong Kong qui a joué un rôle clef dans l'organisation des manifestations qui déferlent depuis vendredi dernier.

M. Shum a demandé la démission de M. Leung d'ici jeudi soir. Il affirme qu'il n'y a «aucune place pour le dialogue» avec M. Leung, depuis que celui-ci a ordonné aux policiers de tirer des gaz lacrymogènes contre les manifestants pendant la fin de semaine.

«Leung Chun-ying doit démissionner. S'il ne démisionne pas d'ici à demain (jeudi) nous allons intensifier nos actions, par exemple en occupant des édifices gouvernementaux importants», a dit M. Shum, tout en précisant que les manifestants ne cibleront pas d'édifices «essentiels» comme les hôpitaux ou les bureaux d'aide sociale.

La colère s'est manifestée à Hong Kong après que les autorités chinoises aient annoncé que toutes les candidatures en vue des premières élections directes prévues en 2017 seraient soumises à l'approbation d'un comité pro-Pékin. Les manifestants refusent de telles restrictions et accusent la Chine de renier sa promesse de permettre l'élection du prochain leader au «suffrage universel».

Les manifestations représentent la plus importante contestation de l'autorité de Pékin depuis que la Chine a pris le contrôle de l'ancient territoire britannique en 1997.

En début de journée mercredi, des manifestants retranchés derrières les barricades de la police ont chahuté M. Leung quand il a assisté à une cérémonie protocolaire à l'occasion de la fête nationale chinoise, qui commémore la naissance de la Chine communiste en 1949. Des centaines d'entre eux ont crié à M. Leung de démissionner, avant de se taire et de tourner le dos quand la cérémonie a débuté.

Le président chinois Xi Jinping s'est de nouveau engagé mercredi à défendre la prospérité et la stabilité de Hong Kong. Le gouvernement chinois adopte la ligne dure face à toute menace à son monopole sur le pouvoir et estime que ces manifestations sont illégales.

La fête de mercredi a permis à des dizaines de milliers de personnes — dont des familles avec des enfants, des retraités et même des étrangers — de descendre dans les rues de cette ville de sept millions d'habitants. Plusieurs ont envahi une large autoroute devant le siège du gouvernement, tandis que d'autres se rassemblaient au centre-ville.

Des bénévoles distribuaient de l'eau, des biscuits, des parapluies, des imperméables et des bâches de plastique — que les manifestants utilisent autant pour se protéger du soleil que des gaz lacrymogènes ou du poivre de Cayenne que pourraient utiliser les policiers.

Lors de son discours, M. Leung n'a fait aucune mention des manifestants, mais il a prévenu qu'il est préférable de respecter la décision de Pékin concernant la nomination des candidats.

PLUS:pc