DIVERTISSEMENT

«Glamour et faux pas» d'Herby Moreau: aimer les artistes, au-delà du potin (PHOTOS)

01/10/2014 12:44 EDT | Actualisé 01/10/2014 12:57 EDT
David Kirouac

Avec son livre Glamour et faux pas, Herby Moreau voulait réunir sous une même couverture toutes les anecdotes qu’il emmagasine dans son sac à souvenirs, toutes les photos qu’il conserve précieusement dans ses archives depuis les 25 ans qu’il pratique son métier de reporter et de chasseur d’étoiles. Toutes ces histoires que ses amis lui demandent de raconter dans les soupers bien arrosés. «Raconte-nous la fois où Angelina Jolie…» Cette phrase, il l’a entendue et réentendue, au gré des événements mondains qu’ils a couverts et des rencontres hors de l’ordinaire qu’il a vécues.

Lancement «Glamour et faux pas» d'Herby Moreau

Les «fois où» impliquant des célébrités d’ici et d’ailleurs, Herby les a multipliées et continue d’en vivre à tous les jours. Peu importe qu’il ait en main le micro de Flash ou celui de Bell Média, entreprise pour laquelle il sera le journaliste culturel multiplateforme officiel dans les cinq prochaines années, Herby parvient à apprivoiser les stars les plus étincelantes de la planète, à les mettre en confiance et à leur soutirer des confidences exclusives, un exploit beaucoup plus compliqué qu’il n’y paraît.

«L’un des beaux compliments que les gens me font, c’est : Herby, tu nous représentes bien à l’étranger», s’enorgueillit le principal intéressé.

Voyant approcher son quart de siècle de carrière, Herby avait envie de matérialiser son bagage en un objet tangible, en grande partie pour que son fils de bientôt 9 ans, Julien, prenne connaissance de quelques-unes des expériences formidables que son père a connues. «Un jour, je vais lui dire : tout ça, c’est pour toi!», chuchote Herby, le regard fier. Fiston a d’ailleurs déjà reçu sa copie de Glamour et faux pas, la première qui est passée entre les mains d’Herby.

Ce dernier a rédigé le bouquin en collaboration avec sa grande amie, Stéphanie Vallet, journaliste à La Presse. L’ouvrage est rempli de photos, toutes accompagnées du récit qui les place en contexte. Parfois, les anecdotes ne sont que de courtes vignettes sous une image, sinon, elles s’étendent sur une ou deux pages. Herby détaille son premier contact avec la célébrité, lorsqu’il s’est infiltré dans un magasin de Lille, en France, à l’occasion d’une visite de Claudia Shiffer, avant d’énumérer ses saucettes au Festival de Cannes, aux Oscars, et ses échanges avec Jamie Foxx, Gael Garcia Bernal, Robin Williams, Daniel Craig, Paris Hilton, Eva Longoria, Philip Seymour Hoffman et combien d’autres.

Plusieurs pages sont consacrées aux vedettes internationales, mais les visages québécois ne sont pas en reste non plus, avec des clins d’œil à Véronique Cloutier, Robert Charlebois, Cœur de pirate et, bien sûr, Céline Dion. Le tout est entrecoupé de citations chères au cœur d’Herby, qui l’ont constamment guidé, comme «On n’est jamais si bien selfie que par soi-même» ou « On ne choisit pas la tête qu’on a, mais on peut choisir la tête qu’on fait». L’objet, magnifique, trouvera assurément ses aises sur les tables à café et se retrouvera sans doute dans plusieurs bas de Noël.

Fasciné par les créateurs

Cette passion qui l’anime pour les entrevues, à la sauvette ou en profondeur, Herby Moreau la perçoit d’abord et avant tout comme un amour de l’être humain et un respect sincère pour les créateurs. Jamais blasé, l’intervieweur pose toujours un regard émerveillé sur les êtres qui se trouvent devant lui et reste impressionné par leurs accomplissements.

«Actuellement, la personne qui me fait le plus tripper à regarder aller, c’est Xavier Dolan. Je me suis retrouvé à Toronto avec lui, et il m’a présenté son nouvel agent, qui est aussi l’agent d’Angelina Jolie et de Ryan Gosling. Je me souviens de la première fois où j’ai rencontré Xavier : je revenais de Cannes, j’allais remettre mes vêtements dans une boutique sur la rue Prince-Arthur, et mon amie, la journaliste Odile Tremblay, était là avec lui. Tous deux m’écoutaient raconter mes histoires de Cannes. Ça ne fait pas si longtemps. Et regarde ce qui lui arrive, aujourd’hui… Ça me fait capoter!»

«Ici, on a notre propre star system, poursuit Herby. Et on est très chanceux d’avoir cet accès, cette proximité, que les artistes nous donnent. Il ne faut pas prendre ça pour acquis.»

À traverser autant de tapis rouges, à côtoyer le luxe et le faste, Herby aurait pu s’égarer et se laisser happer par les pièges et paradis artificiels qui s’offrent, béants, dans les cocktails, les galas, et autres réunions glamour du genre. Plusieurs auraient succombé à moins. Mais lui a su établir une distance entre le vrai et le faux.

«On m’a souvent demandé si ça me tenterait d’aller faire carrière aux Etats-Unis, révèle-t-il. Et la réponse est non, parce que je ne veux pas perdre contact avec la réalité. Moi, j’ai toujours peur d’être déconnecté. Quand les gens autour de toi ne te reconnaissent plus, c’est une espèce de folie. Dans le star system, il y a un étourdissement qui peut nous faire chavirer, et c’a toujours été important pour moi de garder un recul, par rapport à ça.»

Faire fi du snobisme

Et cette attitude terre-à-terre le protège des jugements et du mépris de certains bien-pensants qui regardent de haut ses activités et estiment que sa profession n’est que superficielle ; il préfère faire fi des commentaires négatifs et assume fièrement son rôle.

«J’ai déjà senti du snobisme, pas du milieu, mais de certaines personnes, admet-il. Et honnêtement, je m’en fous! (rires) Il y a du snobisme partout, dès que tu fais ce métier-là. Quand je suis entré à La Presse, certains étaient sceptiques et se demandaient ce que je faisais là. Et, finalement, c’a été une des pages les plus regardées, les plus lues. Dans un journal, il faut de tout : de la politique, de l’économie… Moi, j’ai décidé de couvrir l’actualité artistique et culturelle. Ce n’est pas du potin. Ça m’énerve, quand on me dit que je fais du potin. Je vérifie mes informations, je fais des téléphones, je ne raconte pas n’importe quoi. Le mot potin, c’est comme un manque de respect.»

D’ailleurs, le clinquant uniquement pour en mettre plein la vue, très peu pour lui. Certes, Herby s’est lié d’amitié avec nombre de personnalités, autant québécoises qu’internationales, au fil du temps – parmi elles, Omar Sy le contacte lorsqu’il est de passage à Montréal – mais le communicateur n’a jamais joué cette carte pour se bâtir une crédibilité. S’il se photographie aux côtés des visages connus qu’il croise, c’est pour, en quelque sorte, authentifier son travail, de la même façon qu’un journaliste signe ses articles.

«Une fois que je n’ai pas mon micro et ma caméra, Britney Spears, elle m’indiffère un peu, se moque-t-il gentiment. Je fais les photos parce qu’on dirait que j’ai peur qu’on ne me croie pas. À l’heure du web, des photos de Scarlett Johansson et de Jane Fonda, il y en a partout. Mais des photos de Scarlet Johansson et Jane Fonda avec moi, non...»

Le livre Glamour et faux pas est présentement en vente.