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L'épave découverte dans l'Arctique est bien celle du navire de John Franklin

01/10/2014 03:41 EDT | Actualisé 01/12/2014 05:12 EST
Science & Society Picture Library via Getty Images
CANADA : Engraving by Edward Finden after a drawing by George Back (1796-1878), one of the members of John Franklin?s (1786-1847) expedition, from Franklin?s ?Narrative of a journey to the shores of the Polar Sea, in the years 1819, 20, 21, and 22?, published in London in 1823. Franklin died in 1845 during another expedition, as did his entire team who perished of starvation and scurvy, although Franklin was posthumously credited with the discovery of the Northwest Passage. (Photo by SSPL/Getty Images)

OTTAWA - L'épave retrouvée le mois dernier dans le détroit de Victoria, en Arctique, est bel et bien celle du navire HMS Erebus, vaisseau sur lequel l'explorateur anglais John Franklin naviguait en 1845 en tentant de découvrir le passage du Nord-Ouest.

C'est le premier ministre Stephen Harper lui-même qui a confirmé avec fierté l'identité du bateau, mercredi, aux Communes. «Je suis ravi de confirmer que nous avons identifié lequel des deux navires de l'expédition Franklin a été retrouvé, a-t-il annoncé. Il s'agit bien du HMS Erebus.»

«La confirmation a été faite par les archéologues subaquatiques de Parcs Canada, à la suite d'un examen méticuleux de données et d'artefacts observés sur le fond marin de l'océan Arctique à l'aide de photographies de haute résolution, de vidéos haute définition et de mesures prises au moyen d'un sonar multifaisceaux», écrit le cabinet du premier ministre dans un communiqué.

L'épave de l'Erebus semble bien conservée. Une image sonar fait voir cinq mètres du navire sortir du fond marin à la proue, et quatre mètres à la poupe. Certaines structures du pont sont encore intactes, dont le grand mât, qui a été rompu par les glaces lorsque le navire a sombré dans les eaux glacées de l'Arctique.

La découverte d'une épave par onze mètres de fond dans la baie de la Reine-Maud, au large de la côte ouest de la presqu'île Adelaïde, avait été annoncée le 7 septembre, et on savait qu'il s'agissait d'un des deux navires de l'expédition, mais on n'avait pas encore déterminé avec certitude s'il s'agissait de la nef principale de Franklin ou du deuxième navire de l'équipée, le HMS Terror.

Le mystère demeure entier sur ce qui a bien pu arriver à Franklin et à ses 129 hommes d'équipage, cette année-là. Les deux navires de la Marine royale avaient quitté Greenhithe, en Angleterre, le 19 mai 1845 pour découvrir le passage du Nord-Ouest, qui devait permettre de gagner le Pacifique par le nord. Ils ont été aperçus pour la dernière fois au moment où ils entraient dans la baie de Baffin, en août. Le HMS Terror, une bombarde qui avait par ailleurs servi durant la guerre de 1812, n'a jamais été localisé.

La disparition des deux vaisseaux de sa majesté a nourri l'imaginaire britannique à l'époque victorienne. Parcs Canada a mené depuis 2008 six importantes expéditions pour retrouver, en vain, les deux épaves qui ont fait l'objet de multiples recherches depuis le 19e siècle.

L'été dernier, quatre navires canadiens — le Sir-Wilfrid-Laurier de la Garde côtière, le NCSM Kingston de la Marine royale, et des bateaux de l'Arctic Research Foundation et de One Ocean Expedition — ont mené de nouvelles recherches, qui ont été cette fois fructueuses.

Le NSM Erebus était une bombarde construite en 1826 puis reconvertie; il avait été baptisé en l'honneur de l'Érèbe, lieu des ténèbres d'Hadès, dans la mythologie grecque. L'Erebus et le Terror étaient équipés de moteurs à vapeur (des moteurs de locomotives convertis) et leur coque de bois renforcée de plaques de fer devait les aider à naviguer dans les glaces.

Ils transportaient des provisions largement suffisantes pour un voyage pouvant durer jusqu’à trois ans. Sir John Franklin avait l’ordre de traverser le passage, puis de rentrer immédiatement en Angleterre par le Pacifique.

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