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Sécurité à la Maison-Blanche:les services secrets n'ont pas suivi les procédures

30/09/2014 12:44 EDT | Actualisé 30/11/2014 05:12 EST

WASHINGTON - La directrice des services secrets américains a admis, mardi, que ses agents n'ont pas suivi les procédures établies, plus tôt ce mois-ci, lorsqu'un homme armé d'un petit couteau a réussi à courir jusqu'à la Maison-Blanche et à circuler dans l'édifice avant d'être finalement maîtrisé.

Témoignant mardi devant un comité du Congrès, Julia Pierson a assuré les élus que toutes les décisions prises ce jour-là sont réexaminées avec soin — notamment dans quelles circonstances les agents des services secrets peuvent utiliser la force pour maîtriser un suspect.

Des observateurs se sont en effet demandé pourquoi les services secrets n'ont pas abattu Omar Gonzalez dès que l'ancien militaire a escaladé les grilles de la Maison-Blanche et qu'il a couru sur les pelouses de la présidence.

Mme Pierson a indiqué que six personnes avaient réussi à escalader les grilles de la Maison-Blanche cette année seulement, dont un huit jours avant Gonzalez.

Dans une déclaration lue aux membres du comité du Congrès, Mme Pierson a endossé l'entière responsabilité pour cette «inacceptable» brèche dans la sécurité du président, et elle a promis que cela ne se reproduirait plus.

Il semble par ailleurs que des élus du Congrès n'aient pas appris toute l'ampleur de la faille de sécurité lorsqu'ils ont été informés par les services secrets. Les détails de l'incident ont été connus plus tard, parfois grâce à des dénonciateurs.

Le président du comité de régie interne de la Chambre et de la réforme gouvernementale, Darrell Issa, a rappelé à Mme Pierson que le système avait visiblement échoué. «Un intrus est entré à la Maison-Blanche par la porte d'en avant, et c'est déjà inacceptable. Mais il a aussi réussi à traverser cinq périmètres de sécurité qui devraient protéger ce qui est censé être l'édifice le plus sécurisé au monde. Comment est-ce possible?», a-t-il demandé.

«Cette faille (...) a mis à mal la confiance des Américains envers les services secrets, une confiance dont nous dépendons assurément pour la protection du président.»

Depuis l'incident du 19 septembre, la Maison-Blanche est officiellement prudente sur le sujet. Le porte-parole Josh Earnest a admis que le président Barack Obama avait été «bien sûr préoccupé» par l'intrusion, mais qu'il faisait toujours pleinement confiance aux services secrets.

Le président ne pourrait critiquer ouvertement les hommes et les femmes qui risquent leur vie pour assurer sa protection et celle des membres de sa famille. C'est donc le Congrès, plus que l'exécutif, qui est le mieux placé pour évaluer les faits et gestes des services secrets.

Le prédécesseur de Mme Pierson, Mark J. Sullivan, avait présenté ses excuses aux élus, en 2012, lorsqu'on a appris que 13 agents des services secrets avaient participé à une nuit d'«inconduite sexuelle» avant l'arrivée du président Obama à un sommet en Colombie. M. Sullivan avait pris sa retraite une dizaine de mois plus tard.

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