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Mission de combat en Irak: le gouvernement semble avoir fait son nid

30/09/2014 11:14 EDT | Actualisé 30/11/2014 05:12 EST

OTTAWA - Tout semble indiquer que le Canada se lancera dans une mission de combat contre le groupe armé État islamique (ÉI). Il ne reste qu'à savoir à quel moment le gouvernement présentera son plan.

Le premier ministre Stephen Harper a déclaré mardi que son cabinet examinait actuellement «les prochaines étapes» et que la décision finale n'était pas encore prise.

Le verdict tombera «dans les prochains jours» et sera subséquemment communiqué aux élus de la Chambre des communes. S'ensuivra un débat, puis un vote, a promis M. Harper.

Les velléités du gouvernement quant à la nature de la contribution militaire à venir ne laissent plus beaucoup de place au doute — les troupes de Stephen Harper ne se sont jamais engagées à soumettre les missions autres que celles impliquant des combats à un vote aux Communes.

Le chef conservateur a martelé mardi qu'Ottawa se tiendrait aux côtés de ses alliés et agirait pour éviter l'instauration d'un califat islamique «qui représente une grande menace, non seulement pour la région, mais aussi pour nous, au Canada».

Et alors que la coalition menée par les États-Unis cogne à la porte de la Syrie — des chasseurs et des drones américains y ont effectué plusieurs frappes lundi et mardi —, M. Harper a refusé de dire si le Canada envisageait une intervention au pays de Bachar Al-Assad.

Il a toutefois fait valoir que le gouvernement voulait éviter de se lancer dans une mission qui risquerait de se transformer en bourbier.

Risque d'enlisement ou pas, à en croire les propos du chef de l'opposition officielle, Thomas Mulcair, il y a fort à parier que la mission ne bénéficiera pas de l'appui du Nouveau Parti démocratique (NPD).

«Notre position depuis très longtemps au NPD, c'est de dire: on va agir avec des alliés aux termes des alliances dont on est signataire, même signataire fondateur comme l'organisation du traité de l’Atlantique du Nord (OTAN), même chose pour les Nations unies», a-t-il signalé vendredi dernier.

On ignore toujours précisément si le Parti libéral, de son côté, compte accorder son soutien à une éventuelle mission de combat contre l'ÉI.

La semaine dernière, le porte-parole libéral en matière d'affaires étrangères, Marc Garneau, écartait catégoriquement cette possibilité.

Mais à l'issue de la période de questions, mardi, le chef Justin Trudeau s'est montré plus évasif.

«La position du Parti libéral, c’est qu'avant de s'engager dans une mission de combat, nous allons avoir besoin d'un débat robuste, une ouverture que ce gouvernement jusqu'à présent n'a pas démontrée», a-t-il plaidé.

Le gouvernement majoritaire de Stephen Harper n'a pas besoin de l'aval des partis d'opposition pour déployer d'autres troupes en Irak.

Il a toutefois appelé ses adversaires politiques à «mettre de côté la partisanerie» et à se rallier à une mission qui jouit d'un «vaste support au sein de la communauté internationale».

Le gouvernement a déjà déployé dans le nord de l'Irak 69 conseillers militaires spéciaux des Forces armées canadiennes pour une mission d'«assistance» et de «conseil» d'une durée de 30 jours, qui doit prendre fin au cours des prochains jours.

Ceux-ci ont «aidé les minorités à résister au génocide» en plus de contribuer à mettre fin «à l'avancée de l'État islamique, ce qui n'est pas sans importance», a fait valoir M. Harper aux Communes.

Selon plusieurs médias, le gouvernement fédéral se tiendrait prêt à considérer le déploiement des avions CF-18 et des aéronefs de surveillance.

Intercepté dans les couloirs du parlement, le député James Bezan, le secrétaire parlementaire du ministre de la Défense Rob Nicholson, a précisé mardi qu'environ 80 appareils composaient la flotte actuelle de CF-18.

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