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La coalition américaine frappe près de la frontière avec la Turquie

30/09/2014 07:48 EDT | Actualisé 30/11/2014 05:12 EST

BEYROUTH - La coalition menée par les États-Unis a frappé des cibles du groupe État islamique près d'une ville kurde assiégée, le long de la frontière entre la Syrie et la Turquie.

On ne sait toutefois pas si les frappes de mardi ont suffi à stopper la progression des djihadistes vers la ville de Kobani, qui porte aussi le nom d'Ayn Arab.

L'Observatoire syrien des droits de la personne, à Londres, rapporte que des combattants de l'organisation État islamique ont été attaqués à l'est et à l'ouest de Kobani. Un autre groupe, les Comités de coordination locaux, a confirmé que des frappes se sont produites à l'extérieur de la ville.

Le Commandement central des États-Unis a révélé que des chasseurs et des drones américains ont mené 11 frappes lundi et mardi en Syrie, dont trois près de la frontière avec la Turquie qui ont notamment détruit une batterie d'artillerie et deux lance-roquettes. Une frappe au nord-est d'Alep a détruit quatre édifices occupés par des militants du groupe. Des véhicules, des batteries d'artillerie et un char ont enfin été détruits dans l'est de la Syrie et près de la frontière avec l'Irak.

Kobani est attaquée par les djihadistes depuis la mi-septembre. En dépit des frappes de la coalition, les militants se sont approchés à cinq kilomètres de la ville au cours des derniers jours et ont commencé à la bombarder avec des tirs de mortiers et d'artillerie.

L'Observatoire révèle que les combats autour de Kobani ont fait 57 victimes lundi, autant du côté des djihadistes que des combattants kurdes qui défendent la ville. Des miliciens kurdes auraient aussi détruit deux chars appartenant à l'organisation État islamique.

Les militants du groupe État islamique se sont aussi emparés du village kurde abandonné de Siftek et semblaient l'utiliser comme quartier-général pour lancer leurs attaques contre Kobani.

Ailleurs en Syrie, l'Observatoire rapporte des frappes aériennes contre un camp du groupe État islamique dans la province orientale de Deir el-Zour, le long de la frontière avec l'Irak, et près de la ville de Tel Abyad, qui se trouve près de la frontière avec la Turquie et qui est contrôlée par des extrémistes.

Les Comités de coordination locaux font enfin état de frappes à Raqqa, une province du nord de la Syrie.

En Irak, des affrontements féroces entre combattants kurdes et djihadistes ont éclaté à Rabia, près de la frontière avec la Syrie, ainsi qu'à Zumar et à Daquq dans la foulée des frappes américaines. Au moins 70 Kurdes ont été blessés. Les États-Unis ont révélé avoir mené des raids aériens dans le nord-ouest de l'Irak, près du barrage de Mossoul et autour de Bagdad.

Par ailleurs, la chef humanitaire des Nations unies a prévenu mardi que des dizaines de milliers de personnes cherchent à fuir la Syrie pour échapper à l'organisation État islamique, qui ne cesse d'agrandir les territoires qu'elle contrôle en dépit des frappes aériennes.

Valerie Amos a ajouté que des dizaines de milliers de personnes pourraient prendre la route si la progression des djihadistes n'est pas stoppée.

«Au cours des deux dernières semaines, les forces de l'État islamique ont progressé dans le nord d'Alep et plus de 160 000 personnes, surtout des femmes et des enfants, ont fui vers la Turquie en quelques jours, a dit Mme Amos au Conseil de sécurité des Nations unies. Leur peur est si grande que certains ont traversé des champs lourdement minés pour trouver refuge.»

Au moins trois millions de personnes ont fui vers les pays voisins pour échapper à la guerre civile syrienne, mais Mme Amos a indiqué au Conseil de sécurité que le nombre réel de réfugiés est nettement plus élevé. Elle a dit que 11 millions de personnes qui se trouvent toujours en Syrie ont besoin d'une aide d'urgence.

Mme Amos a affirmé qu'elle aura besoin de plus que l'aide de 1 milliard $ US promise la semaine dernière à l'occasion de l'Assemblée générale de l'ONU.

«Sans fonds supplémentaires, le Programme alimentaire mondial sera contraint d'interrompre complètement ses activités d'ici deux mois», a-t-elle dit.

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