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Hong Kong: Leung prévient que Pékin ne reculera pas

30/09/2014 07:38 EDT | Actualisé 30/11/2014 05:12 EST

HONG KONG - Les manifestants pro-démocratie ont demandé mardi à rencontrer le leader de Hong Kong, après que celui-ci ait prévenu que la Chine ne reculera en rien quant à sa décision de limiter les réformes démocratiques dans la ville.

Le président chinois Xi Jinping s'est engagé, lors d'un discours prononcé avant le jour férié de mercredi, à «défendre farouchement» la prospérité et la stabilité de Hong Kong. Il a ajouté que Pékin croit que Hong Kong «créera un avenir encore meilleur au sein de la grande famille de la mère-patrie».

Le gouvernement chinois adopte la ligne dure face à toute menace à son monopole sur le pouvoir et estime que ces manifestations sont illégales. Il n'est toutefois pas encore intervenu ouvertement et laisse le gouvernement semi-autonome de Hong Kong gérer la crise.

Les propos du chef de l'exécutif de Hong Kong, Leung Chun-ying, écrasent tout espoir d'une résolution rapide d'un conflit qui dure depuis cinq jours, entraînant la fermeture de plusieurs rues et de quelques écoles et commerces.

La réponse des étudiants ne s'est pas faite attendre.

«Si Leung Chun-ying ne se présente pas sur la Place civique avant minuit (...) alors je crois qu'il est inévitable que d'autres gens descendront dans les rues», a lancé Alex Chow, le secrétaire général de la Fédération étudiante de Hong Kong, l'organisateur du boycott de cours universitaires qui a mené aux manifestations populaires.

M. Chow a dit que les étudiants examinent différentes options, dont un élargissement des manifestations, une grève et possiblement l'occupation d'un édifice gouvernemental.

Les foules se sont gonflées, mardi soir, mais la ligne dure adoptée par M. Leung n'a rien d'étonnante. Le leadership communiste chinois se méfie de toute position conciliante qui pourrait donner du courage aux dissidents et aux séparatistes sur le continent.

La police de Hong Kong continuait mardi à faire preuve de patience et de tolérance, après qu'un recours aux gaz lacrymogènes et au poivre de Cayenne, dimanche, n'ait pas réussi à chasser les dizaines de milliers de personnes massées dans les rues près du siège du gouvernement. Le mouvement s'est plutôt propagé au quartier financier et à d'autres secteurs.

«Nous n'avons pas peur de la police anti-émeute, nous n'avons pas peur des gaz lacrymogènes, nous n'avons pas peur du poivre de Cayenne. Nous ne nous en irons pas tant que Leung Chun-ying n'aura pas démissionné. Nous n'abandonnerons pas, nous persévérerons jusqu'à la fin», a a lancé à la foule Lester Shum, un autre leader étudiant.

M. Leung, un dirigeant nommé par Pékin et dont les résidants de Hong Kong se méfient fortement, a prévenu que les autorités chinoises ne reviendront pas sur leur décision, annoncée en août, de soumettre à l'approbation d'un comité pro-Pékin toutes les candidatures en vue des premières élections directes prévues en 2017.

M. Leung a ensuite annoncé qu'il n'a aucune intention de démissionner avant 2017, rejetant ainsi une des principales demandes des manifestants.

Le principal groupe de désobéissance civile, Occupy Central, a lancé sur Twitter que toutes ses exigences — y compris le départ de M. Leung et l'octroi d'une démocratie entière — devront avoir été comblées avant mercredi. Occupy Central a ajouté que de nouvelles mesures de désobéissance civile seraient annoncées à ce moment, sans fournir plus de détails.

Faisant fi des demandes de M. Leung de rentrer chez elles, des milliers de personnes — surtout des étudiants de niveau universitaire et secondaire — bloquaient mardi une large autoroute près du siège du gouvernement.

Des foules encore plus importantes sont attendues mercredi, à l'occasion d'un congé férié.

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