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Bourse du carbone: une occasion pour le Québec de se démarquer

30/09/2014 05:56 EDT | Actualisé 30/09/2014 05:56 EDT
Getty

Dès janvier 2015, les consommateurs et les entreprises du Québec devront payer pour les émissions de gaz à effet de serre produit par leurs activités. Certains craignent les répercussions sur l'économie, d'autres y voient une occasion d'investir dans les énergies vertes.

Ce nouveau marché du carbone comptera seulement deux joueurs en Amérique du Nord, le Québec et la Californie.

« L'idée consiste à mettre un quota, ceux qui veulent doivent se procurer un quota, un peu comme les chauffeurs de taxi qui ont besoin d'un permis pour conduire ou les fermiers d'un quota pour la production de lait », explique le directeur général de la Coop Carbone, Jean Nolet.

Certains, comme les entreprises de camionnage, craignent toutefois que cette lutte contre les émissions de GES isole le Québec.

« Ce que nous craignons, c'est l'augmentation du prix du carburant, au Québec. Nous serons la seule province au Canada à adhérer à l'entrée de ce marché, ça va créer une iniquité concurrentielle pour nos transporteurs », s'inquiète le PDG de l'Association du camionnage du Québec, Marc Cadieux.

Cette « inégalité » s'ajoute à une économie fragile, estime l'économiste à l'Institut économique de Montréal Youri Chassin.

« Est-ce que les opérations au Québec sont rentables avec ce nouveau coût qui s'ajoute à tous les autres coûts de fabrication? Et c'est là la question, est-ce que l'on préfère peut-être augmenter nos opérations en Ontario ou dans le nord-est des États-Unis », s'interroge-t-il.

L'impact se fera aussi sentir chez les consommateurs, prédit-il. « Pour les consommateurs, c'est une nouvelle taxe sur l'énergie, non seulement à un moment où l'économie n'est pas très forte, mais à un moment où on a un fardeau fiscal élevé », ajoute l'économiste.

L'objectif fixé par la province est de réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020.

« Est-ce qu'on peut se permettre de ne pas le faire, c'est vraiment ça la grande question », insiste Jean Nolet.

Ce marché du carbone devrait inciter les entreprises à se tourner vers des technologies qui émettent moins de gaz à effet de serre, selon le directeur général de la Coop Carbone.

« L'ampleur du coût va dépendre justement des programmes, des façons de faire qui vont être initiées pour réaliser ces réductions de gaz à effet de serre. Nous, on a comme prétention, la Coop Carbone, que par les actions que l'on va mettre en œuvre, on va aider à réduire ces coûts », note M. Nolet.

La bourse du carbone doit rapporter au gouvernement plus de 3 milliards d'ici 2020 pour permettre des investissements dans des projets verts.

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