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Vol gratuit à des leaders de l'UE: le gouvernement écorché par l'opposition

29/09/2014 11:55 EDT | Actualisé 29/11/2014 05:12 EST

OTTAWA - Les partis d'opposition jugent douteux, voire «lamentable», la décision du gouvernement Harper de défrayer les coûts du voyage de retour de la délégation de l'Union européenne (UE), vendredi dernier.

Le leader parlementaire du Nouveau Parti démocratique (NPD), Peter Julian, s'est dit loin d'être convaincu qu'il était justifié d'utiliser les fonds publics pour éponger cette facture, laquelle a été évaluée à plus de 300 000 $ par le réseau CBC.

L'ajout d'une réception à Toronto au programme du sommet Canada-UE a fait en sorte qu'il devenait impossible pour les dirigeants européens Herman Van Rompuy et Jose Manuel Barroso d'emprunter un vol commercial d'arriver à temps à une rencontre à Bruxelles, a plaidé le gouvernement.

On a donc mis à leur disposition l'appareil qu'emprunte le premier ministre Stephen Harper lors de ses voyages à l'étranger.

«L'Airbus a été mis à la disposition de nos invités de l'Union européenne par courtoisie, de manière à ce qu'on ne coupe court à aucun élément du sommet de vendredi», a expliqué le Cabinet du premier ministre.

Cette explication est loin d'avoir satisfait les deux principaux partis d'opposition à Ottawa.

«Trois cent mille dollars pour éviter que le sommet soit écourté? Ça va être difficile à défendre auprès de la population canadienne, à mon avis», a suggéré M. Julian en point de presse lundi matin.

Son collègue Charlie Angus, porte-parole néo-démocrate en matière d'Éthique, a ajouté que le Parti conservateur devait des explications aux Canadiens, qui devront s'acquitter d'un montant «exorbitant» pour cette «opération de relations publiques» au profit du premier ministre.

Le député libéral Stéphane Dion a abondé dans le même sens, qualifiant de «lamentable» le fait que la facture de ce vol de retour soit refilée aux contribuables «simplement pour que le premier ministre se vante» d'avoir conclu un traité de libre-échange avec l'UE.

Surtout qu'il y a loin de la coupe aux lèvres, a insisté M. Dion, rappelant que le ministre allemand de l'Économie, Sigmar Gabriel, a déclaré la semaine passée qu'il était «totalement clair» que Berlin rejetterait les dispositions sur la protection juridique des entreprises.

«Il ne l'a pas (l'accord), c'est même pas vrai! Est-ce qu'il peut attendre d'avoir une vraie entente? À ce moment-là, s'il veut dépenser un peu d'argent pour fêter l'événement, on le fêtera avec lui», s'est exclamé le député de Saint-Laurent—Cartierville.

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