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La «révolution des parapluies» continue à Hong Kong

29/09/2014 07:56 EDT | Actualisé 29/11/2014 05:12 EST

HONG KONG - La police de Hong Kong a défendu lundi son recours aux gaz lacrymogènes et à d'autres tactiques pour contrôler les manifestations qui paralysent le district financier de la ville.

Les policiers ont ensuite demandé aux milliers de personnes qui participent à ce mouvement de désobéissance civile sans précédent de bien vouloir y mettre fin, pour le bien de la stabilité et de la sécurité.

Les foules se sont gonflées lundi, quand des travailleurs qui quittaient le boulot ont rejoint des étudiants épuisés qui campent sur plusieurs des grandes artères de la ville. Des policiers en uniforme ont érigé des barricades et ont observé la scène sans intervenir, sauf pour interdire l'accès à certains immeubles.

«Les étudiants défendent le droit de vote, pour l'avenir de Hong Kong. Nous n'avons pas peur, on va simplement se battre pour ça», a dit la fonctionnaire Carol Chan, qui a pris deux jours de congé pour participer aux manifestations après avoir vu les policiers lancer des gaz, dimanche.

En fin de journée, des centaines de manifestants ont agité leurs téléphones cellulaires illuminés dans les airs tout en scandant des slogans qui appelaient à la démission de l'impopulaire chef de l'exécutif de Hong Kong, Leung Chun-ying.

La police dit avoir tiré 87 contenants de gaz lacrymogène dimanche. Elle affirme que cette réplique mesurée était nécessaire pour répondre à des manifestants qui tentaient de défoncer des barricades et des cordons de sécurité. La police indique que 41 personnes ont été blessées, dont 12 policiers.

«Les cordons policiers ont été attaqués, parfois par des manifestants violents. La police a donc dû utiliser un minimum de force pour rétablir à ce moment la distance non seulement entre les manifestants, mais aussi avec les policiers», a déclaré lundi aux journalistes le commissaire adjoint de la police, Cheung Tak-keung.

Les manifestants se sont vêtus d'imperméables, de masques chirurgicaux et de lunettes de sécurité, en plus de s'abriter sous des parapluies et des bâches de plastique pour se protéger dimanche des nuages de gaz lacrymogènes, ce qui vaut parfois à leur mouvement le nom de «révolution des parapluies». Les partisans du mouvement ont aussi commencé à utiliser ce nom sur les médias sociaux.

En fin de journée dimanche, les policiers anti-émeute se sont retirés du lieu des affrontements pendant que M. Leung demandait publiquement aux manifestants de rentrer chez eux et de cesser de bloquer la circulation automobile.

En face de Victoria Harbor, quand le quartier densément peuplé de Kowloon, les foules bloquaient une grande intersection, pendant que des jeunes montaient sur le toit des stations de métro et que des militants exhortaient les foules.

La Chine estime que ces manifestations sont illégales et appuie la répression lancée par les dirigeants de Hong Kong. Des images des affrontements ont été vues à travers le monde et minent la réputation de refuge financier sécuritaire de la ville. On se demande aussi comment réagira le gouvernement du président chinois Xi Jinping, qui a adopté la ligne dure face à toute menace au monopole du Parti communiste sur le pouvoir.

Pékin a rejeté, le mois dernier, toute mise en candidature libre en vue des élections au poste de leader de Hong Kong, qui sont prévues en 2017. Les candidats devront plutôt être préalablement approuvés par un comité d'hommes d'affaires proches des autorités chinoises, ce qui selon plusieurs résidants contrevient aux promesses d'une plus grande démocratie dans le territoire semi-autonome.

M. Leung a indiqué lundi que l'armée chinoise n'interviendra pas pour mettre fin aux manifestations.

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