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La députée péquiste Élaine Zakaïb quitte ses fonctions pour se joindre à Jacob

29/09/2014 10:06 EDT | Actualisé 29/11/2014 05:12 EST

QUÉBEC - La députée de Richelieu, Élaine Zakaïb, quitte le navire péquiste pour tenter de sauver du naufrage l'entreprise québécoise Jacob, victime de la concurrence internationale.

Mme Zakaïb a annoncé lundi son retrait de la vie politique moins de six mois après sa réélection dans la circonscription de Richelieu. Aux côtés de son chef Stéphane Bédard, Mme Zakaïb a fait savoir qu'elle renonçait à son allocation de transition, c'est-à-dire la prime de départ versée aux députés qui quittent leurs fonctions.

Dès mardi, l'ancienne candidate-vedette du PQ occupera les postes de chef de la restructuration et de vice-présidente, stratégie et finances, chez Jacob, une entreprise de commerce de détail issue de Sorel-Tracy.

«J'ai l'opportunité de mettre mes compétences, mon expérience, mes connaissances, mes énergies à la relance de Jacob, a expliqué Mme Zakaïb en conférence de presse. En fait, c'est la sauvegarde de centaines d'emplois au Québec, c'est la création de dizaines d'autres, c'est le fait qu'on va favoriser tout le domaine de la conception de vêtements au Québec. Je n'aurais pas pu me pardonner de ne pas l'avoir essayé.»

Elle a raconté que la décision de quitter la vie politique n'avait pas été facile.

«J'ai été mis devant un choix déchirant: choisir entre représenter ma circonscription à l'Assemblée nationale ou soutenir un entrepreneur d'ici qui a créé un de ces fleurons qui est maintenant en péril», a-t-elle relaté. L'appel de l'entreprise a manifestement pesé plus lourd dans la balance que l'engagement politique.

Mme Zakaïb est la deuxième députée de la cohorte élue le 7 avril 2014 à remettre sa démission, après Christian Dubé de la Coalition avenir Québec (CAQ). Son départ forcera la tenue d'une élection complémentaire dont le coût pour les contribuables est évalué à plus de 600 000 $.

Ministre déléguée à la Politique industrielle et à la Banque de développement économique du Québec dans l'éphémère gouvernement péquiste de Pauline Marois, Mme Zakaïb n'a jamais caché sa passion pour l'entreprenariat. Elle occupait jusqu'ici la fonction de porte-parole de l'opposition officielle pour le Conseil du trésor et les technologies de l'information.

«Elle a été une ministre formidable, près de Mme Marois et surtout, une grande leader à sa façon dans le développement économique. Elle est elle-même entrepreneure dans sa vision du développement économique», a déclaré M. Bédard, le chef intérimaire du Parti québécois.

«On est déçu de la voir partir mais en même temps, son départ est cohérent avec son engagement. Elle le fait pour aider un fleuron de l'économie québécoise du secteur du vêtement. Qui ne connaît pas Jacob?», a-t-il ajouté.

Avec ce départ, le Parti québécois tombe sous la barre des 30 députés à l'Assemblée nationale, huit de plus que la CAQ (21 députés). Le Parti libéral au pouvoir compte 70 élus.

Mme Zakaïb a refusé, au moment de quitter l'arène partisane, de spéculer sur la course à la direction du Parti québécois et de révéler son candidat de prédilection.

«Comme tous les membres du Parti québécois, je devrai faire mon choix un jour mais je le ferai de façon confidentielle», a-t-elle déclaré.

En après-midi, lundi, le président fondateur de Boutique Jacob, Joey Basmaji, s'est félicité du recrutement de Mme Zakaïb pour relancer l'entreprise.

«Je suis heureux d'accueillir Élaine Zakaïb au sein de l'équipe Jacob puisque je suis convaincu qu'elle jouera un rôle important dans la relance de l'entreprise. En tant que vice-présidente, stratégie et finances, elle assurera le déploiement du plan de relance, nous aidera à trouver de nouvelles sources de financement, et contribuera à (faire) croître notre production locale», a-t-il affirmé dans un courriel.

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